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Hôpital Sud Francilien : l’orthopédie sous haute tension, grève de la faim envisagée

 29/06/2012
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Le mécontentement enfle au centre hospitalier Sud francilien (CHSF), étranglé par un déficit galopant. L’établissement, construit sur la base d’un partenariat public privé (PPP) fortement contesté, est le fruit de la fusion de deux hôpitaux. La greffe n’a pas pris en orthopédie : plusieurs chirurgiens ont quitté le service public pour s’installer dans les cliniques avoisinantes. Ceux qui restent, en sous-effectif, peinent à faire tourner la boutique. Le malaise est tel que l’équipe chirurgicale menace de se lancer dans une grève de la faim collective.

L’objectif, expose le Dr Henri Lelièvre, chef du service, est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation, qu’il qualifie de catastrophique. La grève de la faim devait être lancée ce vendredi matin. Un mail de la direction a calmé le jeu de façon temporaire : le mouvement est reporté de quelques jours, dans l’attente d’une rencontre programmée mardi 3 juillet avec le nouveau directeur du CHSF. Jean-Michel Toulouse prendra ses fonctions le 2 juillet.

Grève des soins depuis le 26 juin

Le personnel du service d’orthopédie est déjà engagé dans une grève des soins depuis mardi 26 juin. La suppression programmée de trois postes infirmiers après l’été, alors même que 16 lits supplémentaires doivent être ouverts, suscite une incompréhension totale. « L’effectif actuel de ce service de 28 lits est insuffisant, et ne permet pas une prise en charge satisfaisante des patients », expose l’intersyndicale SUD santé - FO - CGT, qui réclame le remplacement de tous les postes d’aides soignants vacants pour cause de congé ou de mutation.

Le nouveau directeur, Jean-Michel Toulouse, s’est présenté à la Commission médicale d’établissement du CHSF ces jours-ci. Une première prise de contact que la communauté médicale juge encourageante. Jean-Michel Toulouse aurait critiqué le bail qui relie l’hôpital au groupe Eiffage, à ses yeux responsable du déficit qui pénalise l’établissement.

Appel à Marisol Touraine

Le collectif de défense du CHSF souhaite que le Parlement se saisisse de la question. La députée PC des Hauts-de-Seine Jacqueline Fraysse, auteur d’une demande de commission d’enquête qui n’a pas abouti, est d’accord pour remonter au créneau. De son côté, Bruno Piriou, conseiller général (PC) de Corbeil-Essonnes-Villabé, invite la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à visiter l’hôpital. « Pour redonner à l’hôpital public les moyens d’offrir des soins de qualité pour tous, la gauche au pouvoir doit revenir immédiatement sur ces mesures : la loi HPST et le PPP, écrit l’élu local à la ministre. La seule solution pour mettre fin à cette situation est que le gouvernement prenne en main ce dossier emblématique dans les prochaines semaines ».

DELPHINE CHARDON

 
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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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