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Hôpital : quatre mois de concertation avant les arbitrages

 07/09/2012
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Marisol Touraine a fixé le cap des réformes hospitalières ce vendredi matin au ministère de la Santé. La ministre s’est attachée à prendre ses distances avec la loi HPST, et les choix lexicaux du précédent gouvernement UMP. « Je ne sais pas s’il faut un patron dans une structure qui n’est pas une entreprise. Il faut un responsable. Les mots ont un sens », a-t-elle notamment déclaré, en présence de l’ensemble de la communauté hospitalière réunie pour l’installation officielle de la mission Couty.

Sur le fond, peu d’arbitrages ont été annoncés, hormis la fin de la convergence tarifaire entre hôpitaux publics et cliniques privées. Promise par François Hollande, la mesure, avant tout symbolique, sera inscrite au sein du PLFSS 2013. Une refonte de la tarification à l’activité (T2A) doit suivre, dont les contours n’ont pas été dévoilés.

Coup d’envoi de la mission Couty

Sur l’ensemble des autres dossiers, une phase de concertation précédera les décisions. C’est à Édouard Couty que la ministre confie le soin de piloter les débats durant quatre mois. Officiellement installé à la tête d’une mission baptisée « pacte de confiance à l’hôpital », l’ancien directeur des hôpitaux, qui préside la Fédération hospitalière de France (FHF) en Rhône-Alpes, s’attend à ce que des « points de conflit » surgissent.

Édouard Couty n’hésitera pas à trancher dans le vif, en formulant des recommandations n’engageant que lui, lorsqu’aucun consensus ne se dégagera. Pourquoi lui ? « Je voulais une personne rassembleuse, respectée et reconnue (...) qui ait pris un peu de champ, et qui n’ait rien à perdre ou à gagner », s’est justifiée Marisol Touraine, s’exprimant devant la communauté hospitalière.

Une grande loi sur l’accès aux soins

Trois groupes de travail sont constitués, où siégeront les fédérations hospitalières et les organisations de médecins et de directeurs. Le premier groupe de travail consacré aux liens entre la ville et l’hôpital sera présidé par Bernadette de Victor, présidente de la Conférence nationale de santé ; celui sur le dialogue social à l’hôpital sera présidé par Danielle Toupillier, directrice générale du Centre national de gestion ; celui sur la gouvernance hospitalière sera présidé par Monique Cavalier, directrice générale de l’ARS Bourgogne.

Les recommandations de la mission Couty sont attendues pour la fin de l’année. Début 2013 suivront des décrets et arrêtés, ainsi, la ministre l’a confirmé, qu’une grande loi d’accès aux soins. Plus de précisions dans notre édition de lundi 10 septembre.

› D. CH.

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 08/09/2012 à 12h11
Profession : Médecin
« Toujours des parlottes bien à la manière des socialistes qui nous décrivaient une france à l'agonie alors que le "chef" de l'État, quel vilain mot, faisait semblant de découvrir la sévérite de la crise internationale. Alors là encore on va réunir force commissions alors que les solutions sont connues car déjà mises en oeuvre à l'étranger. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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