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Hôpital : Marisol Touraine veut « réorganiser » les urgences

 22/08/2012
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Pour son premier déplacement « santé » de rentrée, la ministre de la Santé Marisol Touraine s’est rendue mercredi après-midi au SAMU de Paris, à l’hôpital Necker, à la rencontre des professionnels de santé des services d’urgences.

À l’heure, décontractée, Marisol Touraine a été accueillie par Claude Evin, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) et par le Pr Pierre Carli, médecin-chef du SAMU de Paris. Ce dernier lui a tout d’abord expliqué le fonctionnement des « petits bijoux » du SAMU : ses ambulances.

Soucieuse de saluer chaque membre du personnel, Marisol Touraine a poursuivi sa visite au centre de régulation des appels du SAMU, où l’attendait le Dr Patrick Pelloux, médecin urgentiste. Pédagogue, le Pr Carli a décrit à la ministre de la Santé l’activité du centre de régulation, qui reçoit en moyenne 700 à 750 appels quotidiens. Les trois jours précédents, pendant la vague de canicule, le centre a traité 150 % d’appels en plus, sans que l’activité des urgences n’augmente pour autant. Signe, pour le Pr Carli, de tout l’intérêt à porter à la régulation médicale. Le travail d’écoute, de conseils des assistants et médecins (régulateurs et généralistes) permet « la prise en charge la plus efficace et la plus rapide » possible, précise-t-il à la ministre, attentive. Signe aussi qu’une majorité des appels relève plus de la médecine générale que de l’urgence : moins de 20 % débouchent sur une hospitalisation.

Des propositions attendues avant la fin de l’année

Si Marisol Touraine a défini comme « satisfaisant » le bilan à tirer de la canicule et a « rend[u] hommage » au travail des équipes médicales pendant cette période, elle n’a pas caché son ambition de « réorganiser » les services d’urgences afin de « mieux les connecter avec la médecine de ville ». Se disant « préoccupée par la vision de lits occupés dans les couloirs » des hôpitaux, la ministre souhaite désormais que médecins libéraux et hospitaliers « travaillent ensemble, et non en opposition ».

Comment ? Nous n’en saurons pas plus. Des « propositions de réorganisation » seront rendues « avant la fin de l’année », a assuré Marisol Touraine, « pas certaine » pour autant que ces dernières soient inscrites dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2013.

L’heure n’était pas aux décisions concrètes. Ce qui, contre toute attente, n’a pas semblé ennuyer le Dr Pelloux, ravi d’avoir « pour la première fois » « une ministre de la santé pour qui la situation des urgences n’est pas inéluctable ».

› ANNE BAYLE-INIGUEZ

 
Les Commentaires | 20 commentaires
 
Le 24/08/2012 à 21h39
Profession : Médecin
« A force de voir le Dr Pelloux à la télé ou répondre à des interviews de journaux , je me demande où il trouve le temps de travailler dans un service d'accueil ou dans une UMH. Si il le peut, il doit travailler 150 heures par semaine contrairement à ses confrères libéraux qui ne font que 70 à 90 heures. Gare à l'IDM!!! »
Le 23/08/2012 à 18h42
Profession : Médecin
« Pourquoi le Dr.Pelloux n'est-il plus urgentiste à St-Antoine?? Il est effectivement étonnant qu'il ne fasse pas partie du ministère... - Profession : Médecin. »
Le 23/08/2012 à 15h27
Profession : Médecin
« Carli, Pelloux et le SAMU 75 ne sont pas représentatifs de ce qui se passe réellement. Venez visitez des services en province !!! Et que l'on se dépêche de créer des structures d'accueil pour la bobologie aux portes des hôpitaux. Cela réduira mes journées !!!!! »
Le 23/08/2012 à 12h51
Profession : Médecin
« Chez moi, en Charente, le flux de médecins ne se fait que du privé ( généralistes) vers le public : qui doit faire les efforts? Idem pour les jeunes qui préfèrent nettement le salariat à l'installation... La réalité, c'est cela, le reste n'est que défense d'intérêts partisans... »
Le 23/08/2012 à 11h33
« Chaque fois que j'allume la télé, je vois Pelloux.... il ne travaille donc jamais ? Moi, simple généraliste responsable, à ses dires, des morts de la canicule précédente et qui n'assurerait pas mes gardes de ville, je n'aurais pas le temps d'écrire des livres et de passer mon temps à la télé... - Pr C. »
Le 23/08/2012 à 11h07
Profession : Médecin
« Y en a marre de l'hospitalo-centrisme ! M. Touraine ferait bien de rencontrer les vrais gens de terrain, c.-à-d. ceux des petits hôpitaux ou des hôpitaux excentrés et isolés : c'est pas le même combat. P. Pelloux ferait bien de voyager hors des grandes villes aussi ! »
Le 23/08/2012 à 09h41
« Pelloux au boulot ! ! ! Assez de bla-bla-bla ! »
Le 23/08/2012 à 09h40
Profession : Médecin
« En quoi le Dr Pelloux est-il représentatif ? »
Le 23/08/2012 à 09h33
Profession : Médecin
« Je ne comprends toujours pas pourquoi notre respectable confrère , le Doc PELLOUX n'est toujours pas au gouvernement puisqu'il a toutes les solutions en mains et qu'il est seul apte à sauver notre médecine !!! Hollande a vraiment de la M.... aux yeux pour ne pas voir que le SAUVEUR était dans nos murs !!! »
Le 23/08/2012 à 08h17
Profession : Médecin
« Tous les hôpitaux ne sont pas égaux. Les urgentistes le savent bien. Qu'ils le disent au Dr Pelloux. Quand l'admettra-t-on ? La proximité n'est pas toujours là où l'on croit.
Le 23/08/2012 à 08h11
Profession : Médecin
« Pas d'accès direct aux "urgences", mais passage par un filtre qui pourrait soigner les erythèmes fessiers des nourrissons (déjà vu), et diminuer les files d'attente en urgentologie. Ne pas mélanger politique et médecine. »
Le 23/08/2012 à 07h12
Profession : Médecin
« Pelloux, "coucouche panier". »
Le 22/08/2012 à 21h16
« Plus bête comme réflexion, on peut pas ! - Profession Médecin. »
Le 22/08/2012 à 20h41
Profession : Médecin
« Pourquoi ne pas faire payer leur consultation aux patients qui se présentent aux urgences pour de la bobologie pour éviter de payer leur généraliste ? Ce sont ces patients irresponsables qui engorgent les urgences. Qui aura le cran d'imposer une telle mesure ? »
Le 22/08/2012 à 20h38
Profession : Médecin
« Le bon Docteur Pelloux est toujours fidèle au poste depuis au moins 2003, ça fait plaisir, aux média aussi. Le Chef du service des Urgences de Necker donne de bons conseils à notre ministre de la Santé pour qu'elle puisse faire évoluer les Urgences sans avoir à modifier le PLFSS 2013. Ainsi il prétend que: "Le travail d’écoute, de conseils des assistants et médecins (régulateurs et généralistes) permet « la prise en charge la plus efficace et la plus rapide » possible,..." et aussi "qu’une majorité des appels relève plus de la médecine générale que de l’urgence : moins de 20 % débouchent sur une hospitalisation." Mais encore faut-il trouver un médecin généraliste ! J'ai l'impression de rêver en lisant ces avis qui ne valent pas plus que mon opinion mais qui risquent d'avoir l'écoute de la ministre pour ne pas résoudre quoi que ce soit dans l'accès aux soins que ce soit via la médecine de ville que par la porte des Urgences où il faut attendre et attendre pour être entendu et pas seulement écouté surtout quand le dossier informatisé a "buguer"... »
Le 22/08/2012 à 20h26
Profession : Médecin
« Pelloux, toujours là pour les médias. Mais quand travaille-t-il donc ? »
Le 22/08/2012 à 20h14
Profession : Médecin
« Le changement c'est maintenant ! Les âneries sont sur le feu et ils accordent leurs violons pour le grand bal des cocus ! »
Le 22/08/2012 à 19h36
Profession : Médecin
« Merci PELLOUX, DIEU le sauveur... »
Le 22/08/2012 à 19h28
Profession : Médecin
« Pelloux, au secours !!! »
Le 22/08/2012 à 19h11
Profession : Médecin
« Pelloux, le retour !!! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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