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Hôpital de Saint-Martin : agressé par son directeur, un anesthésiste porte plainte

 29/06/2012
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Fait rarissime. Le Dr Xavier Ledoux, anesthésiste réanimateur au centre hospitalier de Saint-Martin (Antilles françaises) a déposé plainte lundi 25 juin contre Roland Toussaint, son directeur d’établissement. Le motif, précisé dans le procès-verbal dont le « Quotidien » a pu se procurer une copie : « violences […] subies sur [s]on lieu de travail », plus précisément au bloc.Les faits ont eu lieu la veille au soir, mais le différend qui oppose le médecin et son patron dure depuis de nombreux mois.

Dimanche 24 juin à 20 h 15, le Dr Ledoux, 55 ans, est au bloc. La journée a été entrecoupée de diverses altercations entre le médecin (également syndicaliste engagé) et le directeur de l’établissement, en poste depuis septembre 2011. Le Dr Ledoux raconte : « En janvier dernier, nous avions déjà eu une altercation. Il m’avait dit qu’il me ferait regretter toute ma vie d’avoir croisé son chemin. »

Coup au visage

Les chemins des deux hommes se recroisent une fois de trop ce soir-là. « J’étais auprès d’une patiente, pas encore endormie, avec un de mes confrères, se souvient le médecin. M. Toussaint est entré dans le bloc, en civil, au milieu de la zone stérile. Il m’a hurlé des bordées d’injures et m’a frappé une première fois ». Puis un deuxième coup est porté au visage, qui arrache le masque du praticien. « C’était plus un pincement qu’un coup », tempère malgré tout le médecin qui, depuis, est en arrêt de travail.

Ancien médecin secouriste de montagne, le Dr Ledoux exerce à Saint-Martin depuis dix ans. Il est sous le coup d’un « choc émotionnel majeur ». « Je ne peux pas envisager de retourner travailler, j’ai peur de me faire assommer une nuit au détour d’un couloir. On en est là ».

Les syndicats métropolitains alertés

Après avoir déposé plainte, le Dr Ledoux, président d’un syndical local affilié à l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) a contacté l’agence régionale de santé (ARS), le ministère et les syndicats de PH métropolitains. « Nous souhaitons la suspension immédiate, à titre conservatoire, du directeur hospitalier, explique le Dr Louison Andriamifidy, président du syndicat des médecins anesthésistes-réanimateurs non universitaires (SMARNU). Les directeurs ont le pouvoir de suspendre les praticiens hospitaliers en cas de problème majeur, l’inverse doit aussi être possible.Cette affaire-là est un effet secondaire de la loi Bachelot et du sentiment de toute puissance ressentis par certains directeurs ». Contacté par le « Quotidien », M. Toussaint n’a pu répondre à nos questions. « Il attend que la justice fasse son travail », a indiqué l’hôpital.

› ANNE BAYLE-INIGUEZ

 
Les Commentaires | 8 commentaires
 
Le 30/06/2012 à 17h09
Profession : Médecin
« Et on s'étonne qu'il y ait des guerres !!! »
Le 30/06/2012 à 12h28
Profession : Médecin
« J'ai travaillé a l'hôpital de Trinité en Martinique en tant que médecin lorsque le directeur actuel de Saint-Martin était directeur du centre hospitalier de Trinité. Le fait divers ne me surprend absolument pas......... »
Le 30/06/2012 à 12h19
Profession : Médecin
« S'agit-il de l'ancien directeur de l'hôpital de Trinité en Martinique ? »
Le 30/06/2012 à 10h59
Profession : Médecin
« Disputes dans le Marigot. »
Le 30/06/2012 à 09h20
Profession : Médecin
« J'espère que c'est le début d'un tsunami.... »
Le 29/06/2012 à 22h17
Profession : Médecin
« Qui manipule qui ? Problèmes perso ou pro ? Ça devrait se dégonfler rapidement. »
Le 29/06/2012 à 21h20
Profession : Médecin
« Goudron et plumes pour le directeur. »
Le 29/06/2012 à 20h40
Profession : Médecin
« Je connais bien X Ledoux pour avoir travaillé avec. Il fait partie de ces très rares individus sur lesquels on a envie de cogner au bout de 10 min de conversation. La résistance de ce directeur me paraît remarquable. Tous mes soutiens. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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