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Accouchement dramatique du Lot : Marisol Touraine se pose des questions

 22/10/2012
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Quarante-huit heures après le tragique accouchement survenu sur l’autoroute A20, la ministre de la Santé a fait preuve de prudence pour commenter cet incident. Vendredi 19 octobre au soir, une femme de 35 ans a perdu son bébé alors qu’elle se rendait à l’hôpital de Brive, situé à plus d’une heure de chez elle, dans les environs de Figeac. Le drame a une nouvelle fois posé la question des déserts médicaux et de la fermeture des petites maternités.

« C’est évidemment une situation dramatique, et il est insupportable de voir une mère, un couple, perdre un enfant dans de telles conditions », a confié Marisol Touraine devant les caméras de BFM TV dimanche soir. Mais la ministre n’a pas voulu tirer de conclusion à ce stade et pointer du doigt tel ou tel responsable. « ll y a beaucoup de questions autour de cette affaire […]. Cette femme qui avait manifestement une grossesse à risque a-t-elle été prise en charge dans les bonnes conditions ? Cette enfant était très prématuré et de très petite taille. La maternité de Brive n’était pas la plus proche du domicile des parents », a-t-elle expliqué.

Échange d’amabilité avec les gynécologues

À la demande du président de la République, une enquête est en cours pour élucider les conditions de ce drame. François Hollande a en effet évoqué cette affaire, samedi 20 octobre, alors qu’il s’exprimait devant le congrès de la Mutualité française, à Nice : « Le drame qui s’est produit hier [vendredi, NDLR] où une femme a perdu l’enfant qu’elle portait nous appelle une nouvelle fois, encore, à ne rien accepter en matière de désert médical. » L’enjeu, a rappelé le chef de l’État est de faire en sorte qu’aucun Français ne se trouve à plus de 30 minutes de soins d’urgence.

Dès samedi matin, le président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens, le Dr Jean Marty, dénonçait sur France Info la politique d’« abandon par l’administration de tout ce qui n’est pas une grosse structure », et qui conduit selon lui, à ce genre d’incident. Réponse du berger à la bergère : « J’appelle ces médecins à un peu de modération parce que lorsque dans de petits établissements il y a des postes vacants, il y a de très grandes difficultés pour trouver des médecins qui acceptent de s’y rendre et de prendre les postes », a tenu à remarquer Marisol Touraine sur BFM TV.

› S. L.

 
Les Commentaires | 5 commentaires
 
Le 23/10/2012 à 13h17
Profession : Médecin
« Tiens donc ! Et pourquoi les postes restent-ils vacants dans ces petites structures ? Ce n'est pourtant pas le travail qui manque : Des heures supplémentaires qui ne seraient jamais payées, des repos compensateurs qui ne seraient jamais pris, des congés qui seraient annulés faute de remplaçants... Vraiment, ces médecins, notre Ministre a bien raison de les rappeler à l'ordre ! »
Le 23/10/2012 à 07h33
Profession : Médecin
« Un grand prématuré ne doit pas naître dans un "petit" hôpital local »
Le 23/10/2012 à 06h18
Profession : Médecin
« Seul le retour aux libertés permettra de trouver des solutions : honoraires libres et variables sans ticket modérateur versés en tiers payant, droit au cumul des actes dans la journée sans division, reprise de la garde libérale sous ces deux conditions, voilà la solution, Madame la Ministre ! »
Le 22/10/2012 à 23h17
Profession : Médecin
« Les questions que devraient se poser tous les ministres de la santé : Est-ce que les établissements de proximité pour traiter les pathologies courantes, médicales, chirurgicales ou obstétricales doivent être des priorités, des plus disponibles, des plus diverses, aptes à prendre en charge rapidement , simplement, les affections des enfants et des personnes les plus âgées ? … Elles sont aujourd'hui toutes fermées, disparues, ou inefficientes, dans le public comme dans le privé... Toute l'offre de soin est recentrée sur des monstres comme l'AP-HP ou l'AP-HM, énormes forteresses très sophistiquées pour les pathologies lourdes et complexes, mais étouffées par leur gigantisme ingérable et par l'afflux des pathologies courantes qui ne trouvent pas de réponse en proximité !.... Ne croyez-vous pas : Mme La Ministre que c'est le système de santé dans son ensemble qu'il faut revoir et revenir au passé , tout simplement, en distinguant des niveaux ? Sans forcément plus de dépenses !...Bref, revoir les besoins réels des usagers et fermer des lits de CHU pour ouvrir des lits de proximité ? Chiche !... » DR M.F
Le 22/10/2012 à 19h42
Profession : Médecin
« On a fermé plus de 150 maternité, alourdi les condamnations des obstétriciens, ce qui a entraîné une explosion du tarif de la RCP, interdira-t-on les DP?.... 1500 gynécologues ont arrêté de pratiquer des accouchements et on s’étonne de cette situation. Marisol Touraine au lieu de se poser des questions devrait donner de bonnes réponses! B. K. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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