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Hollande rouvre le débat sur la fin de vie et confie une mission au Pr Sicard

 17/07/2012
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C’était une des promesses du candidat Hollande : « Je proposerai, écrivait-il dans son programme, que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »

Ce 17 juillet, à l’issue d’une visite à la maison médicale Notre-Dame du Lac, un centre de soins palliatifs situé à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, le président de la République a fait un pas dans cette direction, sans toutefois prononcer le mot « euthanasie ». Assurant respecter « les consciences et les voix des autorités spirituelles », François Hollande a posé la question de savoir si on pouvait « aller plus loin » que la loi Leonetti « dans les cas exceptionnels, et quand la douleur est irréversible et appelle un acte médical assumé. Le débat mérite d’être engagé sans polémique ni caricature ».

Le président a annoncé avoir confié au Professeur Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) entre 1999 et 2008, « un travail de concertation » sur ce thème. Il a précisé que le CCNE serait saisi des propositions émises par la mission Sicard pour en délibérer. « Parfois, le souffle de la vie n’exprime plus que le souhait de mourir, a insisté le président de la République. Et qui a vu un proche partir dans la souffrance sait de quoi je parle. » En 2003, le CCNE, alors présidé par Didier Sicard, avait proposé de créer la notion d’« exception d’euthanasie ». Dans son esprit, il s’agissait d’un dispositif juridique destiné à favoriser l’indulgence de la justice en cas de plainte d’une famille après le décès d’un proche, s’il était avéré que l’acte avait été commis par l’équipe soignante dans un esprit de compassion.

Une réforme des soins palliatifs dans les prochains mois

Outre son président, la mission Sicard a déjà un membre identifié. Il s’agit du Pr Régis Aubry, chef du département douleur - soins palliatifs du CHU de Besançon, et président de l’Observatoire de la fin de vie. « Il faut mettre toutes les questions liées à la fin de vie sur la table, indiquait-il en marge du discours présidentiel, il n’y a jamais eu de débat citoyen sur ces questions, et la médecine n’a pas vocation à se substituer à la société sur ces questions ».

Le président de la République a enfin fait part de son intention de combler le retard français en matière de soins de suite, « en tenant compte de la diversité des situations, car l’enjeu n’est pas que le nombre de lits, la fin de vie, c’est aussi l’hôpital de jour, les soins à domicile ou en structures pour personnes âgées ». François Hollande a pris l’engagement de diversifier l’offre de soins palliatifs, « cette réforme sera engagée dans les prochains mois », a-t-il conclu.

› HENRI DE SAINT ROMAN

 
Les Commentaires | 5 commentaires
 
Le 18/07/2012 à 07h09
Profession : Médecin
« La loi Leonetti me paraît quasi complète. Peut-on faire mieux ? De la discussion, peut jaillir une nouvelle lumière. Je suis sympathisant socialiste mais je reconnais en la loi Leonetti d'énormes qualités indiscutables. Cette loi me semble méconnue. Faisons confiance en de nouvelles recherches pour encore améliorer la loi. »
Le 17/07/2012 à 22h49
? La peine de mort a été abolie en 1981 par une majorité socialiste. L'euthanasie rétablit la peine de mort pour ceux dont la souffrance NOUS est insupportable. Merci à tous ceux qui sèment la cohérence dans notre société !
Le 17/07/2012 à 21h02
« Le Président François Hollande est en recul au regard de ses promesses de campagne. Il sait que l'euthanasie active n'a pas la majorité de l'opinion. Mais beaucoup de militants de "MOURIR DANS LA DIGNITÉ" ont voté pour lui ! »
Le 17/07/2012 à 20h26
Profession : Médecin
« Hier les hémophiles, aujourd'hui les vieux : quand va s'arrêter cette obsession ? Ce n'est pas parce qu'un malade coûte cher qu'il faut chercher à l'éliminer. Actuellement, avec la loi Léonetti, cela se passe très bien dans la plupart des cas. Il faut renforcer la connaissance de cette loi par les soignants, c'est tout. Une loi, ça va. Deux lois : attention les dégâts. »
Le 17/07/2012 à 20h10
Profession : Médecin
« Chacun a le droit moral de parler seulement de la fin de sa propre vie. »

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