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Radiologie, cardiologie, anesthésie... les spécialités préférées des 1 000 premiers internes

 04/09/2012
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Les nouveaux internes ont commencé à opter pour leur spécialité et leur ville d’affectation lors d’une procédure informatisée lancée lundi et supervisée par le Centre national de gestion (CNG).

En deux jours, près d’un millier d’étudiants ont déjà validé leur affectation parmi les 7 659 candidats des dernières épreuves classantes nationales (ECN). Pour la deuxième année consécutive, cette procédure est informatisée. L’an dernier, de nombreux dysfonctionnements informatiques avaient perturbé son déroulement. « Nous n’avons recensé aucun problème à part un ou deux cas isolés d’étudiants qui ont douté au moment de choisir », explique Benjamin Birène, vice-président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), en charge de la démographie médicale.

Les « spé méd », toujours chouchous

« Le Quotidien » a disséqué les choix des 1 000 premiers candidats. Sans surprise, les étudiants sont toujours friands des spécialités médicales puisque plus de la moitié des 1 000 premiers classés, 541 très exactement, se sont tournés vers une discipline médicale. Dans cette filière, la radiologie (114 places pourvues) et la cardiologie (94) ont le vent en poupe, de même que la médecine interne (60). La gastro-entérologie (47), la dermatologie (46) et la néphrologie (40) ont également facilement trouvé preneurs.

Les spécialités chirurgicales sont la deuxième filière la plus prisée avec 174 postes pourvus à l’issue de ces deux premiers jours de choix. Ce sont surtout la chirurgie générale (73) et l’ophtalmologie (72) qui ont la faveur des étudiants dans cette filière. L’anesthésie-réanimation a quant à elle attiré 78 étudiants, preuve de l’intérêt qu’elle suscite toujours auprès des jeunes générations.

Le premier généraliste, classé 26e

La médecine générale ne fait pas partie des spécialités du peloton de tête mais elle a tout de même été choisie à 62 reprises par les mille premiers classés. Le premier étudiant à s’être tourné vers cette spécialité était classé 26e aux épreuves classantes nationales (ECN). Un symbole que devraient relever les défenseurs de la discipline.

La pédiatrie (59) conserve son succès d’estime auprès des étudiants en médecine. La gynécologie-obstétrique (33) semble quant à elle en retrait. La psychiatrie (13), la gynécologie médicale (6), la santé publique (5), la biologie médicale (1) et la médecine du travail (0), peinent toujours à recruter les internes les mieux classés aux ECN.

A noter que 17 étudiants ont décidé de ne pas choisir de poste et ont demandé à être déclassés après leur conjoint(e) afin de ne pas être séparé(e) géographiquement.

La procédure de choix doit se poursuivre jusqu’au 21 septembre.

› CHRISTOPHE GATTUSO

 
Les Commentaires | 12 commentaires
 
Le 06/09/2012 à 10h05
Profession : Etudiant
« Voilà comment le système français arrive à faire des spécialistes attirés juste par le salaire et pas par vocation. Un système de classement subjecif (correcteur dépendant) qui permet à certains étudiants ayant parfois plusieurs fois redoublés d'avoir une spécialité qu'il ne leur aurait pas été accessible par le mérite. Voilà ce qu'il faut retenir de ces ECN : un système à changer pour les générations futures. »
Le 06/09/2012 à 08h06
Profession : Médecin
« Normal que la médecine générale ne soit pas choisie, elle n'est pas très attractive en termes de pénibilité, de rémunération, mais aussi de reconaissance. Moi-même autrefois généraliste, j'ai changé d'orientation malgré toutes les difficultés de la démarche que je vous laisse imaginer. Aujourd'hui vrai spécialiste, je ne le regrette pas. »
Le 05/09/2012 à 17h17
Profession : Médecin
« C'est le rapport de rentabilité qui fait office de choix. Normal que la MG n'y ait pas sa place d'autant qu'elle ne donne accès ni à des actes techniques ni au secteur 2. Arrêtez ne nous bassiner avec les déserts médicaux, la baisse des installations ou alors rémunérez les MG deux à trois fois le prix de l'acte selon la pathologie prise en charge. »
Le 05/09/2012 à 15h38
Profession : Pharmacie
« 1 seul interne sur les 1000 premiers a choisi la biologie médicale ! Normal me direz-vous tant cette spécialité est systématiquement matraquée depuis de nombreuses années, à savoir 6 baisses de nomenclature en 6 ans (à chaque fois de 5 à 7% par an). Ceci couplé à une accréditation démesurée obligatoire, fort coûteuse et sans utilité pour le patient et le prescripteur. »
Le 05/09/2012 à 12h22
Profession : Médecin
« Rien de nouveau sous le soleil, l'air du temps est au retour sur investissement(s)... Et, en plus, si le dossier patient partagé du CHRU a "bugué", difficile de se faire traiter car pas d'interrogatoire sans vérifier les dires du patient sur l'écran... Protocole, protocoles... Et dire que ce sont les professeurs de ma génération qui leur ont appris cette médecine-là, las... »
Le 05/09/2012 à 08h32
Profession : Médecin
« Il y a 35 ans, c'était déjà pareil rapporté à un pool identique d'étudiants. La médecine générale n'est pas attractive malgré tous les efforts faits pour attirer les jeunes médecins (stages , enseignement). Le choix de la médecine de proximité par les autorités a été trop tardif et le retard ne se rattrape jamais ... À voir dans quelques années... »
Le 04/09/2012 à 23h39
« La spé anesthésie n'est pas, visiblement, au tout premier rang, mais reste attractive. C'est me semble-t-il la spécialité qui a connu les plus fortes fluctuations de popularité : elle était bien "descendue" au classement dans le sillage de l'explosion des primes d'assurances professionnelles, puis est revenue au premier plan. Sûrement sous l'effet de la résolution (partielle) des abus des assurances, de l'extension de la "judiciarisation" à l'ensemble de l'exercice médicale (on n'est en sûrement pas encore à l'apogée, hélas), et des développements spectaculaires de la discipline ces dernières décennies. ( à propos de "scientificité", on aimerait connaître la popularité de l'anapath... ) Beau geste, ce brillant lauréat qui choisit le MG. Mais la biologie médicale qui séduit si peu, cela a-t-il à voir avec les bouleversements du secteur, avec l'entrée en force de grands acteurs, qui font craindre un déclassement ? »
Le 04/09/2012 à 22h49
Profession : Médecin
« De futurs médecins secteur II à dépassement ! »
Le 04/09/2012 à 21h38
Profession : Médecin
« Combien de femmes et combien d'hommes parmi les 17 qui se sont déclassés derrière leur conjoint ? »
Le 04/09/2012 à 21h26
Profession : Médecin
« L'attractivité est toujours pour les spé rentables. Tant que la Médecine Générale ne sera pas traitée come les autres spécialités, elle restera toujours déficitaire lors du Choix des Internes. Même si 1 convaincu à la 26° place choisit la MG c'est l'arbre qui cache la forêt !!! »
Le 04/09/2012 à 20h19
Profession : Médecin
« En effet les places proposées seraient intéressantes à connaitre. »
Le 04/09/2012 à 19h30
Profession : Médecin
« Il serait intéressant de rapporter ce chiffre au nombre de places proposées au choix par discipline afin d'obtenir l'attractivité réelle. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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