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La FMC indépendante existe, réplique l’UNAFORMEC au Pr Even

 20/09/2012
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La formation médicale continue (FMC) des médecins est-elle inféodée aux laboratoires pharmaceutiques ?

Invité de l’émission de France 5 C dans l’air, le Pr Bernard Even, venu présenter son « guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles et dangereux », écrit avec le Pr Bernard Debré, a porté un jugement sans concession sur la FMC française. «Il n’y a pas de formation continue organisée, sauf celle que veut bien financer l’industrie pharmaceutique, affirme le Pr Even. Evidemment, elle n’est pas philanthropique et il y a un certain nombre de biais dans la formation délivrée aux médecins. L’industrie de facto tient la plume. [...] Le médecin n’est donc pas formé mais désinformé ».

« Une insulte à la profession »

Ce point de vue a fait bondir devant son écran le Dr Philippe Bonet, président de l’Union nationale des associations de formation médicale et d’évaluation continues (UNAFORMEC). « Dire que la FMC libre n’existe pas est une insulte à la profession, fulmine le Dr Bonet. Si on laisse dire cela, les citoyens vont perdre confiance en leur médecins et dans le médicament. On commence à voir les effets de tels messages sur le terrain. »

La formation professionnelle conventionnelle (FPC), financée par l’assurance-maladie, représente 15 % de l’ensemble de la FMC, rappelle le Dr Bonet. « Depuis sa création en 1990, elle a permis de former plus de 24 000 participants chaque année », ajoute-t-il. « Et parmi les 85 % des formations médicales non conventionnelles, il y a certes des formations soutenues par l’industrie pharmaceutique mais il ne faut pas faire croire que les médecins qui les suivent gobent tout ce qu’on leur dit et que seuls Messieurs Debré et Even sont capables de faire preuve de libre arbitre ».

Selon un rapport de l’IGAS de 2006, le financement de la FMC par les laboratoires était estimé dans une fourchette de 300 à 600 millions d’euros par an.

Le président de l’UNAFORMEC s’est ému auprès de Marisol Touraine des « déclarations scandaleuses » du Pr Even mettant en cause les compétences des médecins en matière de prescription et a demandé un droit de réponse à Yves Calvi, présentateur de C dans l’air.

› CHRISTOPHE GATTUSO

 
Les Commentaires | 4 commentaires
 
Le 22/09/2012 à 11h01
Profession : Médecin
« Bravo à l'Unaformec et à son Président: ne nous laissons pas faire par ceux dont les conflits d'intérêts auraient avantage à être explorés. Comme on dit dans les cours d'école "c'est celui qui dit qu'y est". »
Le 21/09/2012 à 07h14
Profession : Médecin
« Le Pr Debré est bien formé, lui, qui recommande le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA à tous les hommes de + 50 ans ... c'est sûrement les sessions parlementaires qui lui permettent de rester un médecin "au top" ... »
Le 20/09/2012 à 19h34
Profession : Médecin
« Even paraît plus dangereux que les médicaments qu'il critique et je me demande pourquoi Calvi s'entête à l'inviter. »
Le 20/09/2012 à 19h25
Profession : Médecin
« Bravo P. Bonnet Il faudrait demander un droit de réponse à Mr Calvi !! »

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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