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Quand les Dragons prennent leur envol dans le Morbihan

 18/07/2012
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L’équipe médicale des sapeurs-pompiers du Morbihan entame sa septième saison estivale à bord d’un hélicoptère de la Sécurité civile. Un dispositif indispensable sur ce vaste territoire très fréquenté par les vacanciers et une opportunité, pour les infirmiers et les médecins, de vivre une expérience professionnelle unique.

À quelques jours du démarrage du dispositif estival de secours héliporté mis en place dans le Morbihan, médecins et infirmiers sapeurs-pompiers qui vont constituer les équipes de garde sont regroupés à Quiberon. Au menu : des exercices de survie en mer. Rompus ou non à ce type de secours, tous ont l’obligation de s’entraîner à l’éventualité d’un accident d’hélicoptère.

« 80 % de nos 150 à 200 interventions annuelles concernent la bande côtière du département », assure le lieutenant-colonel Philippe Danion, médecin chef du service de santé et secours médical du service départemental d’incendie et de secours du Morbihan. Chaque été, il faut procéder à des hélitreuillages pour récupérer des marins pris d’un malaise ou des vacanciers imprudents, blessés et coincés sur une des îles particulièrement fréquentées du Morbihan (Belle-Ile, Houat, Hoëdic…) ou au milieu de rochers, comme cela a été le cas pour une des infirmières au cours d’une campagne précédente. Des situations de prise de risques réels pour l’équipage.

Esprit de corps

Cet après-midi, le groupe d’une quinzaine de professionnels commence par effectuer une « manipulation de regroupement ». « On se tient par les jambes et on avance à la seule force des bras, explique le Dr Philippe Danion, c’est aussi un bon moyen de s’exercer à rester solidaires dans ce genre de situations ». Un esprit de corps que viennent chercher tous ces volontaires. Qu’ils soient médecins libéraux (à 70 %) ou exerçant en milieu hospitalier, infirmiers, ils trouvent dans cette seconde activité un supplément d’aventure collective et d’adrénaline qu’ils n’ont pas toujours dans leur travail principal. C’est le cas par exemple de Françoise, infirmière de réanimation dans le civil au centre hospitalier de Lorient, véritable passionnée, devenue la responsable de l’équipe « Dragon » (1).

C’est le cas aussi de Romain, Julien et Nicolas, jeunes infirmiers, libéral, infirmier de bloc ou aux Urgences d’un centre hospitalier. Tous les trois sont des nouveaux sur le Dragon, généralement attirés par l’originalité des interventions en hélicoptère, cette « ambulance des îles », selon Claudine, qui entame sa troisième saison. Mais ces nouveaux ont déjà une solide expérience au service des sapeurs-pompiers. Toute l’année, ils font partie de l’équipe du service de santé et de secours (93 infirmiers sapeurs-pompiers et 54 médecins principalement) qui couvre ce vaste département et intervient trois fois sur quatre pour de l’assistance à personnes. Si les infirmiers sapeurs-pompiers sont seuls à bord des « véhicules légers d’intervention », ils montent dans l’hélicoptère avec un médecin.

Rapidité, efficacité

De garde de 12 h à 22 h (en réalité jusqu’au coucher du soleil selon les usages), les équipes sont stationnées sur la base militaire de Lann-Bihoué, près de Lorient. « En fonction de la situation, la régulation du SAMU nous déclenche ou non, explique le médecin-chef. L’été, nous sommes sollicités souvent sur certains secteurs terrestres comme la presqu’île de Quiberon. Huit minutes pour arriver sur zone, huit minutes pour atteindre l’hôpital de Vannes ou de Lorient, et nous sommes de nouveau disponibles. Crucial, quand on sait qu’une des deux équipes d’ambulance de Quiberon peut être indisponible trois ou quatre heures en cas d’évacuation en dehors de la presqu’île ! »

Cette rapidité d’action est indispensable. C’est ce « SMUR aérien », selon la responsable de l’équipe, qui a permis à cette infirmière d’enchaîner l’été dernier trois interventions difficiles : « la première concernait un accident de moto sur Belle-Ile, avec une jambe qui était à la limite d’être amputée sur place, que nous avons évacué sur Pontchaillou à Rennes, raconte Françoise. Ensuite, nous avons pris en charge un arrêt cardiaque à l’intérieur du département. Et, nous avons été appelés sur un accident de plongée ! »

› OLIVIER QUARANTE (correspondant en Bretagne)

(1) Le dispositif national de Dragons comprend 22 unités d’intervention en métropole et en outre-mer.

 
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