Le quotidien du médecin en page d'accueil | Le Quotidien en favoris | Toute l'actu | Aide | Flux RSS

 

Paiement à la performance : le plaidoyer d’Alain Coulomb, ex-directeur de la HAS

 05/07/2012
  Imprimer  Envoyer par email
 

Ancien directeur de la Haute autorité de Santé (HAS), c’est en qualité de consultant et d’auteur d’un livre blanc consacré à l’évolution de l’exercice de la médecine générale et à son mode de rémunération qu’Alain Coulomb était, jeudi 5 juillet, l’invité des rencontres du « Café Nile », à Paris.

Sur un ton iconoclaste, l’ancien patron de la HAS a expliqué ce qui l’avait poussé à écrire son livre blanc.

« C’est quoi ce P4P (paiement à la performance), ce machin inventé par la CNAM, et qui rentre dans le paysage de façon étrange ? », s’est-il interrogé à voix haute. « Est-ce un gadget, une machine à gifles, un pétard mouillé ? » Autant de questions qui ont motivé le livre blanc.

Alain Coulomb semble aujourd’hui convaincu de l’intérêt du P4P. Depuis l’institution du paiement à l’acte (en 1927 !), « tout a changé dans le traitement des pathologies, car on est passé du soin aigu aux pathologies chroniques », constate-t-il. Le seul paiement à l’acte est devenu inadapté.

Un changement profond

Le consultant tente de répondre à plusieurs questions de fond. Le fondement juridique du P4P ? Le sujet a été réglé, selon lui, par le Conseil d’État qui n’a (pour le moment) rien trouvé à redire. L’efficience du dispositif ? « Elle peut se discuter, reconnaît-il, mais les premiers résultats du CAPI (contrat d’amélioration des pratiques individuelles) montrent que c’est plutôt un atout ». La pertinence médicale du P4P ? Le sujet est plus sensible : « Aucune autorité scientifique n’a été consultée sur le sujet, pas même la HAS ».

Malgré cette réserve, Alain Coulomb constate que « les cardiologues et d’autres spécialités frappent à la porte du P4P », ce qui serait le signe d’un « changement profond » des mentalités et du système lui-même.

L’ancien patron de la HAS a un dernier argument imparable à opposer aux détracteurs du P4P : « La qualité ne se résume pas à la seule vertu des praticiens. S’il n’y a pas d’incitation, pourquoi le médecin devrait-il s’y mettre ? »

› H.S.R.

 
Les Commentaires | 3 commentaires
 
Le 06/07/2012 à 13h03
Profession : Médecin
« Le Conseil d'Etat a été saisi par L'UNION COLLEGIALE et POLE MOST et pour l'instant ne s'est pas encore prononcée. Il est faux de dire que le Conseil d'Etat n'a rien trouvé à y redire. »
Le 06/07/2012 à 09h40
Profession : Médecin
« La qualité ne se résume pas à la seule vertu des praticiens. S’il n’y a pas d’incitation, pourquoi le médecin devrait-il s’y mettre ? » Sans doute parlez-vous pour vous, monsieur l'ex. Ce n'est pas à votre honneur.
Le 05/07/2012 à 21h38
Profession : Médecin
« La "performance" est conditionnée par la télétransmission, seul facteur obligatoire pour y accéder. Quelle honte d'avoir signé cette convention pour de l'argent donné par les caisses comme l'a écrit la FMF... »

Publier un nouveau commentaire

Vous devez être inscrit pour commenter cet article et réagir à un commentaire.
 
 
Publicité

Histoires courtes

objectifmedecin_pave_ep7.png


Publicité

Application du Quotidien du MÉdecin

Spécial médecin

i-Congrès médical
Les congrès médicaux à ne pas manquer ...
> Découvrir l’application

 

Enquête Flash

Faut-il rembourser les soins selon le niveau de revenu des patients ?

eFMC

InsulinothÉrapie
du diabÈte de type 2
Par le Pr Denis RACCAH

Dossier

Ces médecins ambassadeurs de la santé au travail

ARS : vos 26 « pilotes »

Les métiers du grand âge et du handicap

Hôpital Expo 2012

Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

L'heure de l'action

La loi et au-delà

L'Annuaire des DUDIU

 
carte-loisirs.png
Publicité
 
Publicité
Afin de vous garantir un service optimal, le Quotidien du Médecin collecte des données personnelles vous concernant. Ces données font l’objet d’un traitement informatisé déclaré auprès de la CNIL. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d'accès, de rectification et de suppression, pour motifs légitimes, sur ces informations. Sauf opposition préalable de votre part, ces données sont également utilisées afin de vous faire profiter des offres dédiées du Quotidien du Médecin et de ses Partenaires.