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Les internes entrent en grève illimitée à partir du 12 novembre

 29/10/2012
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À l’issue d’une assemblée générale extraordinaire de l’Intersyndicat national des internes des hôpitaux (ISNIH), les internes ont voté à l’unanimité, samedi, leur entrée en grève illimitée et totale à partir du 12 novembre prochain. L’ISNIH avait déjà déposé un préavis de grève national pour l’ensemble de leurs activités de service ou ambulatoires de jour et/ou de permanence des soins à compter du 25 octobre. « Il y a eu un consensus pour un mouvement plus dur, ça se radicalise », explique Étienne Pot, vice-président de l’ISNIH.

Une manifestation nationale est en préparation le 12 novembre à Paris. Les internes demandent des garanties aux pouvoirs publics sur 4 dossiers prioritaires. Ils souhaitent avoir l’assurance que la liberté d’installation sera préservée et veulent que l’indépendance des praticiens vis-à-vis des mutuelles soit assurée alors qu’une proposition de loi socialiste doit être examinée prochainement au Parlement pour autoriser la création de réseaux mutualistes.

Des revendications sur les conditions de travail des internes

Les internes réclament également que le gouvernement tire rapidement les enseignements de la récente enquête de l’ISNIH sur le temps de travail et l’inégal respect du repos de sécurité. « Une évaluation par la DGOS des conditions de travail des internes est programmée en février-mars, cela va trop lentement », déplore Étienne Pot.

Enfin, après le cycle de négociation sur l’encadrement des dépassements d’honoraires auquel il a assisté en tant qu’observateur, l’ISNIH demande que les structures jeunes soient pleinement associées à la signature de la convention médicale « afin de veiller notamment à une rémunération juste pour tous ».

L’ISNIH appelle l’ensemble des organisations de jeunes médecins à se mobiliser au sein d’une plateforme commune de revendications.

L’entrée en grève illimitée, le 12 novembre, correspond à la date d’arrêt d’activité des blocs opératoires lancée à l’appel du BLOC. Mais l’ISNIH ne souhaite pas d’amalgame. « Notre mouvement est un rassemblement de jeunes que nous voulons fédérateur », conclut Étienne Pot.

› CHRISTOPHE GATTUSO

 
Les Commentaires | 17 commentaires
 
Le 12/11/2012 à 15h47
« Je soutiens totalement ce mouvement, mais le problème pour la profession est qu'elle a perdu la bataille de la communication dans cette affaire auprès des français. Le risque est de leur renvoyer l'image de nantis qui en veulent toujours plus. Et pour cela on peut dire merci à MST qui a savamment orchestrée une véritable campagne faite d'amalgames et d'éléments inexacts. »
Le 01/11/2012 à 22h07
Profession : Sage-femme
« Les dépassements d'honoraires sont un chiffon que le gouvernement agite. Ils ne coûtent rien à la sécu mais éventuellement aux mutuelles. Nous assistons progressivement à la destruction du service publique. A titre personnel je soutiens ce mouvement. »
Le 30/10/2012 à 17h47
Profession : Médecin
« En tant que médecin maintenant expatrié, je les soutiens totalement. Je les encourage dans un premier temps à tous quitter le territoire français afin de ne pas pouvoir être réquisitionnés, et pour voir plus loin, à faire ce qu'il faut pour choisir un autre pays que la France pour exercer la médecine. Ils trouveront facilement un endroit où ils seront bien mieux considérés, et bien mieux rémunérés. »
Le 30/10/2012 à 14h14
Profession : Médecin
« En tant que médecin, je les soutiens totalement. Le SMP propose que nous les aidions par une cotisation exceptionnelle déductible, qui leur permettra de tenir financièrement. »
Le 30/10/2012 à 12h14
Profession : Médecin
« Oui, être interne à l'heure actuelle, c'est dur ! Et je soutiens les internes dans leurs revendications. Il faut que le métier de médecin continue à être reconnu à sa juste valeur et que les politiques, les cadres des CPAM, les dirigeants de mutuelles cessent de vouloir nous manipuler comme des marionnettes ! Nous voulons pouvoir soigner nos patients sereinement. »
Le 30/10/2012 à 11h42
Profession : Médecin
« Je suis en total désaccord avec ce mouvement qui ne s'intéresse qu'à la liberté d'installation de futurs médecins, là où nous devrions tous nous battre pour défendre la sauvegarde de notre système de santé. C'est une grève égoïste. J'étais déjà opposé à ses prises de fonction quand j'étais interne, je les trouve d'autant plus pathétiques aujourd'hui au vu des difficultés rencontrées dans l'accès aux soins. Et contrairement à ce que l'ISNIH veut bien dire, tous les internes et CCA ne partagent pas leur constat. J'ai honte de l'image que les futurs médecins envoient à la France. Pensez-y. »
Le 29/10/2012 à 22h33
Profession : Infirmier
« "Patient, first!", mon oeil ! Défense d'avantages acquis et de futurs privilèges : liberté d'installation et dépassement d'honoraires... Vous êtes les premiers à taper sur la SNCF et les fonctionnaires mais vous ne valez pas mieux ! Notre pays va mal mais personne ne veut participer à l'effort... Cela fait longtemps que les professions para médicales ont été encadrées ; elles ont accepté ce fait car elles ont eu conscience que c'était dans l'intérêt des patients. Quand reviendrez- vous à la raison ? » Prof. : infirmier
Le 29/10/2012 à 22h25
Profession : Dentiste
« Que les internes en dentaire vous rejoignent ce serait bien, contactez les nous sommes tous dans le même bateau..... on en a marre d'être vilipendés par les organismes de tutelle peuplés de gens qui n'ont jamais mis les mains dans le camboui ni fait face à des patients vindicatifs méfiants et absenteistes comme les CMU AME etc.... pour lesquels on paie deux fois : en tant que citoyen mais oui et en tant que prof de santé !!! »
Le 29/10/2012 à 21h51
Profession : Médecin
« Bravo les internes ! Sachez que toute la profession vous soutient contre ce pouvoir obtus qui se fout ouvertement de la figure des médecins et de leurs patients ! »
Le 29/10/2012 à 20h58
Profession : Médecin
« Hou la la, le Quotidien se réveille et prend enfin la mesure de la colère ambiante au lieu de cautionner les mensonges éhontés de MST et des syndicats félons qui ont signé un accord "historique" (sic) qui signe la mort de la médecine libérale. Soutenons les internes et les généralistes et les chirurgiens et les autres spécialistes ; notre médecine est malade. »
Le 29/10/2012 à 20h41
Profession : Médecin
« Les internes de l'intersyndicale "veulent que l’INDEPENDANCE des praticiens vis-à-vis des mutuelles soit assurée alors qu’une proposition de loi socialiste doit être examinée prochainement au Parlement pour autoriser la création de réseaux mutualistes." S'il ne reste plus que cette indépendance-là à défendre, les médecins sont bien mal en point ! Les emplois médicaux ont de l'avenir... »
Le 29/10/2012 à 20h32
Profession : Médecin
« Pourquoi cet acharnement contre les dépasssements qui ne coûtent rien à la sécu ? S'il y a un problème moral qu'il se règle au sein de la profession. »
Le 29/10/2012 à 20h15
Profession : Médecin
« Je suis médecin spécialiste retraitée. J'ai eu la chance de faire un beau et utile métier. Je soutiens les internes que ce gouvernement veut écraser. Qu'il écrase plutôt tous les profiteurs qui ruinent notre pays....les malades n'ont jamais fait 35 H, les médecins non plus. Qu'on les laisse vivre, bon sang. »
Le 29/10/2012 à 20h07
Profession : Médecin
« Enfin une manif ! » gynécologue obstétricienne
Le 29/10/2012 à 19h45
Profession : Médecin
« Les Réseaux mutualistes, le Nouvel acte-forfaitaire, les jeunes Internes en grève hyper-inquiets... et les patients dans tout cela ? Comment leur expliquer autre chose que le matraquage des dépassements d'honoraires, car la protection sociale des patients change de cap... mais surtout, il faut noyer les patients dans l'amalgame "tintamaresque" . Quant va-t-on raisonner réellement par rapport au patient ? »
Le 29/10/2012 à 19h37
Profession : Etudiant
« J'en serais ! »
Le 29/10/2012 à 18h59
Profession : Médecin
« Allons-y et qu'enfin l'on se rende compte dans tous les milieux touchant à la santé des Français qu'il faut se rallier au son de "Patient, first!". »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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