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La riposte des radiologues face aux nouvelles menaces de coupes sombres

 30/08/2012
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En haut de l’échelle des revenus, systématiquement mis à contribution dans les plans d’économies gouvernementaux (depuis six ans), une nouvelle fois pointés du doigt en juillet dans le cadre du rapport IGAS/IGF sur la maîtrise de l’ONDAM 2013/2017, les radiologues ont décidé de prendre les devants en organisant la riposte de façon unitaire.

Le conseil professionnel de la radiologie française (G4), qui associe toutes les composantes de l’imagerie médicale (universitaires, Fédération des médecins radiologues - libéraux -, société savante, hospitaliers) met en cause aujourd’hui la « logique strictement comptable » qui cible l’imagerie considérée « exclusivement comme un coût ». En réponse, le G4 (re)met sur la table un projet professionnel commun, assorti d’un plan pour l’imagerie et d’un guide de bon usage des examens d’imagerie.

Rapport IGAS/IGF saignant

Car l’orage menace : le rapport IGAS/IGF préconise plusieurs mesures ciblées sur les volumes et les tarifs de l’imagerie. « Une régulation active du volume des actes de radiologie, à l’instar de ce qui a déjà été engagé sur les radiographies de crâne, du thorax (...) permettrait de générer un total d’économies d’environ 200 millions d’euros sur la période 2013-2017 », peut-on lire.

Surtout, la mission estime qu’il est possible de poursuivre les baisses de tarifs des radiologues en raison des gains de productivité réalisés. « Les tarifs des radiologues restent supérieurs de près de 5 % à la cible fixée par la CCAM, expose le rapport. Malgré les baisses entreprises ces dernières années, leur rémunération reste 2,4 fois supérieure à la moyenne des médecins libéraux entre 2004 et 2010 alors que la grande majorité des radiologues est en secteur 1. Les baisses de tarifs ont été compensées par une augmentation des volumes d’actes et par des gains de productivité importants qui n’ont pas entraîné de révisions subséquentes du montant des forfaits techniques alloués par l’assurance-maladie. »

Le G4 réclame une réforme de structure

Face à ces menaces de décotes tarifaires, le G4 de la « radiologie » défend une réforme structurelle concertée et surtout médicalisée de la radiologie française.

Cette réforme s’articulerait autour d’un vaste « plan pour l’imagerie » (déjà présenté en vain) prévoyant la promotion du « Guide du bon usage des examens d’imagerie » (mis à jour), un soutien aux systèmes d’information et de partage des images, des études sur le rapport coût/efficacité des techniques et une accélération de la mise à niveau des appareils.

Autres mesures : le déploiement de plateformes de recherche, la mise en place de plateaux d’imagerie complets regroupés dans chaque territoire autour d’équipes de taille suffisante et plurispécialisées, l’essor de la téléradiologie ou encore une nouvelle concertation entre les professionnels de l’imagerie et les ARS.

Fluidifier le parcours de soins

Dans un contexte de démographie déclinante (7 250 radiologues en 2009, 5 400 en 2015) et de dispersion des équipes de radiologues, un nouveau projet professionnel commun serait mis en place pour réorganiser la discipline, renforcer l’articulation ville/hôpital et piloter la gestion médicalisée des plateaux d’imagerie. Principaux objectifs : améliorer l’accès aux soins radiologiques, fluidifier le parcours des patients ou encore optimiser les séjours hospitaliers.

Les radiologues seront-ils épargnés alors que la spécialité est dans le viseur et que le projet de loi de financement de la Sécu (PLFSS) se profile ? Le rapport IGAS/IGF juge en tout cas possible de réaliser 250 millions d’euros d’économies sur la période 2012-2017 sur les dépenses de radiologie...

› CYRILLE DUPUIS

 
Les Commentaires | 9 commentaires
 
Le 02/09/2012 à 20h11
Profession : Médecin
« Moi je trouve inadmissible que les radiologues gagnent si peu au vu du service rendu et des diagnostics alambiqués redressés... Zidane gagne bien plus sans faire grand chose... »
Le 31/08/2012 à 13h15
Profession : Médecin
« 15 000 euros en 3 jours !!! Donnez moi l'adresse, j'y vais de ce pas proposer mes services !!! On se croirait au café du commerce ! Il serait de bon ton de regarder les choses en face : les radiologistes répondent à des prescriptions le plus souvent fantaisistes et inutiles : les inepties que je lis sont à la hauteur de la compétence de ces prescripteurs cad nulles... » Profession : radiologiste.
Le 31/08/2012 à 12h56
Profession : Médecin
« Les cabinets de proximité ferment ! Sur vos 15 000 euros, pensez à payer votre personnel ! Et vos machines, et vos films et votre électricité....... Ne confondez pas le brut et le net ! Examinez les patients qui arrivent avec une prescription sans indication clinique ! Non, le radiologue n'est pas un photographe grassement payé, c'est un médecin responsable. » G. Radiologue
Le 31/08/2012 à 11h19
« Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier ! Certains radiologues sont heureusement consciencieux et non simplement attirés par l'appât du gain ! - Profession : médecin. »
Le 31/08/2012 à 10h31
Profession : Médecin
« Le M.G est sous la dépendance du radio qui écrit ou dit au patient qu' un scan ou IRM serait utile, expédiant ainsi le patient directement chez son toubib qui n' a plus... le choix de prescription ! La seule différence sera que le MG va toucher 23 E et faire mine basse tandis que le spé aura un bénéfice 10 fois supérieur et ... le dernier mot. Si l' examen souhaité et voulu par le radio est négatif : celui si aura beau jeu de dire : " il vaut mieux prévenir que guérir " et dans le cas contraire : " "vous voyez que c' était bien nécessaire " ... J'ai Tél plusieurs fois au radio pour lui signifier qu'il n' était pas indispensable de dire au patient, une fois la radio faite : " pourquoi votre MG a demandé une radio puisqu'il n' y a rien ? ". Je demandais alors au radio, soit de ne pas la faire, après examen physique et donc de prendre ses responsabilités; soit de ne pas la faire ...payer ( puisqu'elle avait été inutile ) !!!! »
Le 31/08/2012 à 00h46
Profession : Médecin
« Au lieu de baver sur vos confrères radiologues en dénigrant leur travail et en trouvant honteux qu'ils gagnent 15 000 euros par mois, faites comme moi : allez voir ailleurs qu'en France pour travailler. Les 15 000 vous pourrez peut-être les faire en 8-10 jours, et sans être radiologue ! Pour cela il faut bosser, se prendre en main et arrêter de jalouser le monde. »
Le 30/08/2012 à 21h48
Profession : Médecin
« Tout à fait d'accord : les demandes d'écho sont souvent transformées en scanner et beaucoup de CR d'examens rx se terminent par : "intérêt d'un scanner, d'une IRM" !! Les radiologues "auto-entretiennent" leur système de recettes ! » Profession : médecin
Le 30/08/2012 à 20h59
Profession : Médecin
« Tout à fait d'accord j'ai été interne en radiologie à une époque où les scanners n'existaient pas les lectures des RP étaient plus soigneuses. Nous n'avions que les artériographies ou d'autres plus invasives pour la moelle épinière. »
Le 30/08/2012 à 20h06
Profession : Médecin
« Gagner 15 000 euros par mois en 3 jours par semaine, en multipliant les examens inutiles et en évitant de faire un scanner CTAP sur un seul RV afin de tout coter à 100%, est effectivement honteux. Je ne parle pas des banales RP quasi toutes suivies d'un scan thoracique, étant donné que les jeunes radiologues ne savent plus les interpréter !! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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