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La fronde des jeunes médecins

 16/08/2012
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En rendant publiques ses recommandations en matière d’accès aux soins, l’Ordre des médecins a provoqué un tollé chez les étudiants et les internes.

Le 29 mai dernier, l’Ordre présente des recommandations à l’issue de son séminaire national. Il préconise notamment de contraindre les jeunes médecins à exercer pendant une période de 5 ans dans leur région de formation pour répondre au défi de l’accès géographique aux soins. Les syndicats d’internes et de jeunes médecins sont unanimes à dénoncer le caractère coercitif de ces propositions. Ils jugent qu’elles ont été émises sans aucune concertation avec les intéressés et mettent gravement en péril l’attractivité de la médecine libérale. Certains syndicats, comme SAGA-MG, préfèrent aborder le problème par la dérision...

La fronde gagne en région

Le Dr Michel Legmann, président du CNOM, tente de calmer le jeu. Il procède pour « Le Quotidien » à une explication de texte, mais rien n’y fait. 

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La fronde s’étend aux conseils départementaux et régionaux de l’Ordre, qui reprochent à leur tour à l’instance nationale le fond et la forme de ces recommandations.

Le CNOM sent le danger et commence à négocier avec les jeunes. Une réunion a lieu avec les représentants des étudiants, internes et jeunes médecins le 7 juin. Selon les syndicats, Michel Legmann se serait engagé à présenter à son bureau une résolution revenant sur ces propositions, et à les substituer par des mesures non coercitives. L’Ordre, dans un communiqué ne fait pas référence à cet engagement, et se contente de préciser que ses recommandations seront débattues lors de la session plénière du Conseil national le 22 juin 2012.

Deux groupes de travail pour éteindre le feu

La préparation de cette réunion va cristalliser toutes les oppositions au sein de l’institution. Opposés à la méthode du président Legmann, de nombreux conseils départementaux et régionaux font entendre leur voix. Certains invitent les membres du bureau du CNOM à remettre en jeu leur mandat sans attendre les échéances électorales. Mais la révolte ne va pas plus loin. Au cours de cette session plénière, l’ordre national propose un moratoire sur ses recommandations jusqu’au 13 octobre, date à laquelle doit se tenir une autre assemblée générale extraordinaire de l’institution. Avant cette date, il invite les conseils départementaux à plancher sur la question de l’accès aux soins, et à lui faire remonter leurs propositions.

L’Ordre a réussi à calmer ses troupes en interne mais les syndicats de jeunes ne se satisfont pas de cette demi-mesure. Le SNJMG (Syndicat national des jeunes médecins généralistes) s’engage à boycotter toutes les réunions ordinales tant que l’abandon de toute mesure contraignante ne sera pas officiellement acté. Tous les syndicats de jeunes ne se retrouvent pas sur cette ligne dure. Etudiants et internes acceptent de se rendre, le 11 juillet dernier, à une réunion de la commission « Jeunes médecins » de l’Ordre, « pour réfléchir conjointement sur la problématique de la démographie médicale ».

Le président Legmann reconnaît avoir fait « une erreur de communication majeure » en rendant publiques ses recommandations sur l’accès aux soins. Mais l’Ordre reste fidèle à son mode de communication et reste muet sur le sujet.

› H.S.R.

 
Les Commentaires | 9 commentaires
 
Le 18/08/2012 à 08h46
Profession : Médecin
« Y a qu'à...faut qu'on... »
Le 17/08/2012 à 18h49
Profession : Médecin
« Faire 1 j / semaine dans un cabinet rural ? et qui s'occupera de mes patients ? ça s'appelle déshabiller Paul pour habiller Pierre, et Roselyne avait déjà eu une idée lumineuse dans le genre... »
Le 17/08/2012 à 18h48
Profession : Médecin
« Le Dr Legmann reconnaît avoir fait une erreur en rendant publiques ses recommandations ? Ce qui veut dire qu'à l'avenir il les fera dans notre dos ??? ah ben bravo, ça promet... »
Le 17/08/2012 à 12h51
Profession : Etudiant
« Il y a bien d'autres solutions, des cabinets secondaires par exemple, où des médecins déjà installés consacrent une journée par semaine chacun leur tour dans une zone rurale plus éloignée ! Aussi, le tarif de la consultation en zone rurale devrait être réévaluée par rapport aux zones urbaines, comme c'est le cas dans les grands déserts canadiens ! De nombreux jeunes, préféreront partir à l'étranger, et des femmes arrêter tout simplement la médecine et se reconvertir ! Les solutions aveugles de l'ordre seraient contre-productives, en faisant fuir encore un peu plus de médecins... »
Le 16/08/2012 à 17h42
Profession : Médecin
« N'oublions pas que la misère peut frapper l'Europe toute ou partie et les médecins seront mieux nourris prés des campagnards... Méditez cela et franchement, la campagne est si belle. Et, dans nos déserts, il s'y trouve du bon monde... Vos enfants auront moins de cancer au diésel... Réfléchissez. Méfiez vous des soit disant conforts des cités urbaines. Changez vos habitudes : bougez et vous verrez... J'espère que la sécu vous paiera le double chaque acte tout de même... car vous travaillerez doublement. »
Le 16/08/2012 à 15h42
Profession : Médecin
« Rappelons que les "jeunes" médecins ont 30 ans minimum, ont une famille et que les "déserts médicaux" sont parfois (souvent ?) des déserts en terme d'emploi pour les conjoint(e)s. Sans parler de la scolarité des enfants compliquée, et des habitudes de vie "urbaine" prise lors des 10-12 années d'étude. De plus, il s'agit bien souvent de zones désertées également par les services publics... L'hypocrisie et le manque de considération de ces recommandations sont aberrants ! »
Le 16/08/2012 à 10h26
Profession : Médecin
« Oh ! Surprise !!! Autrefois, tous ces "petits gestes d'urgence" étaient couramment pratiqués ! Ça faisait même partie de l'attrait de la médecine de campagne !!! Oui, mais à l'époque , on n'était pas "spécialiste en médecine générale"... »
Le 16/08/2012 à 08h40
Profession : Médecin
« Il faudra pourtant bien qu'on arrive à trouver une solution ! Si on attend les syndicats... »
Le 16/08/2012 à 07h37
Profession : Médecin
« PAS DE CONTRAINTES. Quelle bonne solution à trouver pour réduire la désertification rurale? Afin de résoudre la question des patients de ces villages abandonnés, trop démunis au point de ne plus pouvoir se payer le médecin, et de mettre à plat le problème que ces villages sans médecins n’ont pas assez de clients pour faire vivre l’indispensable cabinet de groupe, demandons aux partenaires conventionnels, ou mieux encore à l’Ordre, une grande réforme. Laquelle ? L’application de ce qui existait voici peu encore en Allemagne : le TIERS PAYANT INTEGRAL DE TOUS LES ACTES. Les CPAM concernées verseraient aux médecins non pas des tarifs opposables mais des honoraires LIBRES que chaque groupe médical déterminerait selon les besoins estimés par un comptable selon que le cabinet plus ou moins équipé en matériel et en personnel prend en charge de nombreuses situations. Adoptons également le PAIEMENT DE TOUS LES ACTES SANS AUCUNE RESTRICTION, afin de repeupler ces déserts médicaux uniquement avec des médecins volontaires. Ces jeunes médecins volontaires, au moment de leur internat, accepteraient de poursuivre une formation multidisciplinaire d’exercice en conditions difficiles. Pour cela, il leur faudrait effectuer des stages de trois mois pendant deux à trois ans pour savoir s’occuper au mieux des petites urgences dans toutes les spécialités. Ces DEUX MESURES INDISSOCIABLES permettraient de diminuer le nombre des consultations demandées à des spécialistes éloignés, de diminuer les évacuations sanitaires d’urgence ainsi que les transports longue distance des patients chroniques, trois points qui feraient évoluer fortement les dépenses si des jeunes médecins étaient contraints de s’installer en ces déserts médicaux. Nous obtiendrions plus d’économies par cette réforme que de dépenses en honoraires versés aux médecins. » Docteur JEAN DOREMIEUX

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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