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Inquiets pour l’avenir du secteur II, les internes déposent un préavis de grève pour le 17 octobre

 10/10/2012
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L’Intersyndicat national des internes des hôpitaux (ISNIH) a déposé mardi auprès du ministère de la Santé un préavis de grève des internes pour le mercredi 17 octobre, date de la réunion conclusive des négociations conventionnelles sur l’encadrement des dépassements d’honoraires.

Les internes s’inquiètent de la tournure de ces discussions et redoutent des mesures de régulation à l’installation des médecins spécialistes libéraux en secteur II. Ce préavis concerne l’ensemble des internes de médecine, et l’ensemble des activités du 17 octobre 2012 de 8h30 au 18 octobre 2012 à 8h30.

Ultimatum

« Le préavis sera levé lorsque nous obtiendrons la certitude que des mesures plafonnant les dépassements d’honoraires, ou limitant l’installation des jeunes médecins en secteur II, ne seront pas mises en place dans le cadre des négociations conventionnelles ou à travers le PLFSS à venir », stipule le document adressé au ministère de la Santé par l’ISNIH. Le syndicat souhaite par ailleurs qu’une « vraie réflexion préalable sur la revalorisation des actes » soit entamée.

« Notre souhait avec ce mouvement est aussi de maintenir un accès de la population à l’innovation médicale, explique Emanuel Loeb, président de l’ISNIH. Si on veut garder une médecine de qualité, il faut revaloriser les actes. Les internes sont prêts à s’installer en secteur I si on leur en donne les moyens. »

Dans une interview accordée au Quotidien, Emanuel Loeb, précise que des manifestations seront organisées le 17 octobre à Paris et dans plusieurs villes de France, les internes étant appelés à manifester devant les caisses primaires.

Mise en garde de l'ISNAR-IMG aux internes de médecine générale

Emmanuel Bagourd, président de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG), tient à préciser : « Le mot d'ordre de l'ISNIH ne concerne que les internes de médecine générale adhérents de ce syndicat. Si les autres internes de médecine générale souhaitent faire grève le 17 octobre, ils devront remplir une déclaration individuelle. L'ISNAR-IMG décidera lors de son prochain conseil d'administration à Rouen, le 19 octobre, s'il entre en grève ou non à l'issue des négociations conventionnelles. »

A lire : E. Loeb (ISNIH) : « Pourquoi nous sommes prêts à faire grève »

› CHRISTOPHE GATTUSO

Dernière mise à jour : 10/10/2012, 14h30.

 
Les Commentaires | 5 commentaires
 
Le 10/10/2012 à 23h11
Profession : Médecin
« Ne lâchez pas, les politiques sont prêts à vous manger la laine sur le dos ; le secteur II est actuellement la seule réponse à une paupérisation organisée du secteur I qui n'a d'autres solutions que de multiplier les actes pour vivre, ce qui lui est vertement reproché ensuite. Pas de revalorisation des actes pendant plus de 20 ans ? Secteur II, et on ne vous y fait cadeau de rien. »
Le 10/10/2012 à 21h08
Profession : Médecin
« Ne vous laissez pas faire ! »
Le 10/10/2012 à 12h51
Profession : Médecin
« Bravo. Allez jusqu'au bout. » Profession : chirurgien.
Le 10/10/2012 à 08h18
Profession : Médecin
« Cela risque de faire du bruit ! Les internes que je croise à l'hôpital ont vraiment l'air d'être remontés. Un 2007 bis ?! »
Le 10/10/2012 à 07h07
« Bravo les jeunes !!! Défendez vos droits. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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