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IJ : la FMF dénonce la « pression grandissante » des caisses sur les généralistes

 27/08/2012
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La Fédération des médecins de France (FMF) constate avec inquiétude l’augmentation récente du nombre de « mises sous entente préalable », procédures utilisées par les caisses primaires d’assurance-maladie à l’encontre de médecins généralistes accusés (notamment) de surprescription d’indemnités journalières (IJ).

« Cinq confrères ont été rappelés à l’ordre ces dernières semaines par la CPAM du Rhône, et dans l’Oise, le Jura et le Gard, le recadrage des caisses prend de l’ampleur », précise le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, membre de la cellule juridique de la FMF qui estime à une « cinquantaine » le nombre de médecins concernés sur le territoire.

Selon la loi, la procédure de mise sous entente préalable consiste pour l’assurance-maladie à mettre sous tutelle un médecin dont le nombre de prescriptions d’IJ indemnisées « rapporté au nombre de consultations effectuées » est supérieur « aux données moyennes constatées pour une activité comparable » des autres médecins exerçant sous l’autorité de la même ARS ou de la même caisse. Le praticien épinglé a alors six mois pour rentrer dans les clous.

Prescriptions : rapport de un à quatre

Pour le Dr Garrigou-Grandchamp, le « nœud du problème » réside dans la définition de l’« activité comparable »que « l’assurance-maladie accommode à sa sauce ». « Seul le nombre d’IJ est pris en compte dans cette comparaison, proteste le médecin lyonnais. Rien du profil de la patientèle et rien du type d’actes (consultation, visite, urgence), sans compter que l’échelon régional est bien trop large pour être efficace ». Il cite le cas de ce médecin généraliste de Villeurbanne (69), prescripteur en trois mois de 4 600 IJ, tandis que la moyenne de ses confrères immédiats, à « activité comparable », est de 1 280 IJ.

« Mais ce confrère travaille beaucoup avec la toute proche clinique du Tonkin et fait énormément de "traumato" », argumente le Dr Garrigou-Grandchamp.

Selon les derniers chiffres de l’assurance-maladie, les médecins généralistes français ont prescrit en moyenne 3 507 IJ en 2010. On constate un rapport de un à quatre selon les régions, de 883 à Paris à 3 638 dans le Pas-de-Calais.

Délit statistique ?

La FMF vient d’alerter par courrier la ministre de la Santé Marisol Touraine et la présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, Catherine Lemorton, sur cette « pression grandissante » subie par la profession, explique le Dr Garrigou-Grandchamp.

Le syndicat exhorte les médecins « épinglés » à prendre un avocat et à ne pas opter pour la « mise sous objectifs », une solution alternative qui consiste pour le médecin à s’engager à réduire lui-même le nombre de ses prescriptions d’IJ dans un délai fixé (par la caisse). Pour le Dr Garrigou-Grandchamp, « accepter, c’est implicitement accepter d’être "coupable" alors que vous êtes victime de délit statistique ». Et prendre le risque de payer une amende de plus de 6 000 euros.

› ANNE BAYLE-INIGUEZ

 
Les Commentaires | 7 commentaires
 
Le 30/08/2012 à 07h56
Profession : Médecin
« Je vais bientôt passer devant la CPL en raison de mon profil atypique. En 30 ans à servir les malades : je n' aurai que ma bonne foi à faire valoir. Détail : je n'ai pas eu un confrère pour m'assister lors des précédentes audiences. Alors encouragez moi ! »
Le 28/08/2012 à 11h58
Profession : Médecin
« Jeune MG en libéral depuis 6 ans, je m'aperçois que la pression qui s'exerce sur nous est en fait celle de la sécu (amm, objectifs, génériques, ok...), bien plus que celle de l'erreur médicale ! On nous empêche d'être au service du patient et de sa santé : la vocation première de la médecine ! »
Le 28/08/2012 à 09h20
Profession : Médecin
« Les IJ sont une réponse aux difficultés au travail. »
Le 27/08/2012 à 23h31
Profession : Médecin
« Comme tout le monde, et surtout certains "patients", connaissent le nom de ces prescripteurs abusifs, je ne suis pas surpris que les caisses ouvrent les yeux à leur tour. » Un médecin généraliste.
Le 27/08/2012 à 23h21
Profession : Médecin
« Pourquoi la caisse ne fait pas elle-même les AT ? Ça n'a finalement rien d'un traitement ? »
Le 27/08/2012 à 21h09
Profession : Médecin
« Les médecins conseil n'ont qu'à venir déterminer chez ces confrères les journées d'arrêt de leurs patients.... Ça pourrait être rigolo. »
Le 27/08/2012 à 19h26
Profession : Médecin
« La désertification médicale en matière de médecine générale due aux pressions, à la responsabilité, aux 35 heures, etc a permis de multiplier le nombre de confrères fonctionnaires salariés qui n'ont pour occupation que d'obéir aux injonctions de leur administration ! Logique hélas mais à quand la disparition des cabinets M.G. ... bientôt. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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