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Déserts médicaux : le pacte territoire-santé de Marisol Touraine plaît aux jeunes, moins aux seniors

 13/12/2012
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« Les déserts médicaux sont partout, et les Français sont inquiets », a affirmé Marisol Touraine en présentant ce jeudi son plan d’action. La ministre de la Santé s’exprimait depuis la petite ville de Scorbé-Clairvaux dans la Vienne, où elle a visité une maison de santé pluridisciplinaire en compagnie de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes.

Marisol Touraine, a rappelé son opposition à toute mesure coercitive et a taclé les précédents gouvernements, jugeant que « ceux qui croient à la contrainte sont de bonne foi, mais ils y croient parce que très peu de choses ont été faites ces dernières années », à part quelques mesures isolées. La ministre a prévenu que les 12 engagements de son pacte constituaient « un plan global et cohérent, où chaque mesure consolide les autres ». L’objectif avoué de Marisol Touraine, « ce n’est pas d’avoir un médecin par village, mais un pôle de santé par territoire ». Aussitôt connu, ce pacte a fait réagir les syndicats. Tour d’horizon.

Les jeunes généralistes satisfaits 

Du côté de l’ISNAR-IMG (internes) et de ReAGJIR (jeunes installés et remplaçants), on juge que les mesures proposées, comme la découverte de l’activité ambulatoire au cours de la formation, le revenu minimum assuré lors des premières années d’installation, ou la valorisation du travail interprofessionnel, « permettront de diminuer un grand nombre des appréhensions liées à l’exercice ambulatoire, notamment en zones déficitaires ». Mais les jeunes généralistes rappellent que 95 % des internes ne connaissent pas les aides à l’installation existantes, et invitent le gouvernement à « porter ces mesures sur le terrain au plus près des intéressés ».

MG France : un plan réfléchi et coordonné 

Chez les syndicats de seniors, les réactions sont plus distanciées, sauf à MG-France, dont le président Claude Leicher juge que les pouvoirs publics « sont passés à la phase opérationnelle et ne se contentent plus de discours ». Il cite le développement du travail en équipe et rappelle que le PLFSS 2013 prévoit déjà l’ouverture de négociations conventionnelles interprofessionnelles sur la rémunération des équipes de soins. « Ce plan est réfléchi et coordonné », estime MG-France.

FMF : un plan qui n’est pas à la hauteur des enjeux

À la Fédération des médecins de France, le Dr Jean-Paul Hamon juge que les pouvoirs publics ont découvert « bien tardivement qu’il fallait modifier les études et faire connaître aux étudiants l’exercice libéral ». Mais le président de la FMF regrette l’oubli d’un « point important : l’organisation de la permanence des soins, vécue comme un repoussoir à l’installation par de nombreux étudiants ». Jean-Paul Hamon rappelle que d’ici 10 ans, « 29 000 généralistes vont partir à la retraite, alors que seuls 9 400 prendront la relève. Ce n’est pas avec 200 praticiens territoriaux et 1 500 contrats d’engagement de service public (CESP) que l’on va résoudre le problème ».

SML : rien de nouveau

Le Dr Roger Rua, président du SML, est tout aussi dubitatif. « Il n’y a rien de nouveau dans ce plan », juge-t-il. Le SML regrette que ces mesures conduisent à « un regroupement quasi obligatoire des généralistes avec les autres professionnels de santé ». Il constate également que les spécialités cliniques sont les grandes oubliées de ce plan : « c’est leur mort annoncée s’il est mis en application », prédit-il.

CSMF : faire déjà connaître l’existant

Enfin, à la CSMF, le Dr Michel Chassang « prend acte de l’engagement du gouvernement à favoriser l’incitatif plutôt que la coercition ». Le patron de la confédération rappelle que plusieurs mesures incitatives existantes « ne sont pas appliquées par les pouvoirs publics qui par ailleurs n’en font pas la publicité auprès des jeunes médecins ». Pour la CSMF, la revalorisation de la médecine libérale passe par l’amélioration des conditions d’exercice, de la permanence des soins, des rémunérations et de la couverture sociale des médecins.

› H.S.R.

 
Les Commentaires | 13 commentaires
 
Le 15/12/2012 à 14h28
Profession : Médecin
« Faut essayer puis voir et puis rectifier. Pourquoi toutes ces levées de boucliers stériles ? »
Le 15/12/2012 à 12h52
Profession : Médecin
« - Q: le " Val de Grasse " fait il partie des déserts médicaux ? - R: Non, tant qu'il y aura des ministres dans notre pays ......»
Le 15/12/2012 à 08h39
Profession : Médecin
« Quand pendant 20 ans, on tape sur le généraliste, cela venant même des universitaires, on peut comprendre que les jeunes se refusent à un exercice autant décrié. »
Le 14/12/2012 à 20h37
« Ni apprécié par les jeunes et les anciens... »
Le 14/12/2012 à 19h50
Profession : Médecin
« Tout cela ne sert a rien si on n'applique pas immédiatement 2 mesures incontournables : 1° REVALORISER TOUS LES HONORAIRES DE 25% ; 2° BAISSER LES CHARGES DE TOUS LES MEDECINS DE 50% »
Le 14/12/2012 à 18h46
Profession : Médecin
« Trois propositions : appliquer aux médecins le système appliqué aux pharmaciens, favoriser les stages en cabinet pour faire connaître notre travail mal connu, multiplier les MSPP (nos jeunes confrères ne souhaitent plus travailler en solo) ... »
Le 14/12/2012 à 14h00
Profession : Médecin
« Au lieu de rémunèrer aveuglement les médecins généralistes hors normes qui peuvent avoir un bnc supérieur à 120 000 euros en ville, on ferait mieux de payer un médecin de tout âge sur la base des députés avec toutes les rémunérations annexées à son revenu initial. » Un généraliste de 60 ans candidat à la campagne à ces seules conditions.
Le 14/12/2012 à 12h10
Profession : Médecin
« Les jeunes internes sont contents de ce salaire minimum ? Ils sont loin d'avoir tout compris : d'abord avec le nombre d'heures qu'ils vont effectuer et le nombre d'actes par jour, ils vont largement dépasser ce chiffre dès le premier mois, par contre il va falloir qu'ils apprennent à tout faire tout seul, sans spécialiste ni hôpital à côté de leur cabinet, ils peuvent d 'ores et dèjà oublier leurs activités le soir et les WE. Bon courage ! »
Le 14/12/2012 à 11h28
Profession : Médecin
« Qui parle de paradis pour les Roumains. Beaucoup d'entre eux ne restent que peu de temps dans les déserts médicaux et, ayant bénéficié de l'aide des municipalités, n'hésitent pas ensuite à migrer vers d'autres lieux plus accueillants. »
Le 14/12/2012 à 08h33
« Il faudrait augmenter le nombre d’étudiants admis en première année. Il y aurait plus de médecins, sinon on aura les médecins polonais, roumains qui seront heureux de venir travailler dans nos déserts médicaux. Pour eux ce sera le paradis. » Médecin retraité.
Le 14/12/2012 à 07h55
Profession : Médecin
« Après les 10 commandements, les 12 directives... les intellectuels à la campagne, les grands projets, non décidément, Mao n'est pas mort. On est dans l'incantation. Le travail à la mine c'est fini, faut trouver autre chose. »
Le 14/12/2012 à 00h34
Profession : Médecin
« Marisol a été accueillie par l'UFML et un chameau. Les journalistes du Quotidien ne l'ont pas su ? »
Le 14/12/2012 à 09h59
« Si, bien sûr. Mais c'était un dromadaire, pas un chameau. À découvrir dans notre newsletter de demain... La rédaction. »

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