Le quotidien du médecin en page d'accueil | Le Quotidien en favoris | Toute l'actu | Aide | Flux RSS

 

Dépassements : les syndicats se préparent à « entrer dans le dur » des négociations

 04/09/2012
  Imprimer  Envoyer par email
 

Les syndicats de médecins libéraux fourbissaient leurs armes à la veille de la reprise, ce mercredi, des négociations conventionnelles sur les dépassements d’honoraires. Le calendrier est serré. Cette première séance de retrouvailles (Sécu, médecins, complémentaires) doit porter sur les dépassements abusifs (définition et sanctions). Suivront des réunions sur le contrat d’accès aux soins pour les médecins de secteur II (14 septembre), la régulation du secteur II (19 septembre) et la valorisation des tarifs opposables (27 septembre). Les deux premières semaines d’octobre seront consacrées à la discussion des projets de texte, la conclusion des négociations étant programmée le 17 octobre. À défaut d’accord, le gouvernement reprendra la main.

Voilà pour la théorie et la méthode. Mais la teneur des communiqués syndicaux montre que chaque organisation aborde ces discussions délicates avec inquiétude et la volonté de ne pas lâcher trop de terrain.

Le BLOC (qui réunit les chirurgiens de l’UCDF, les anesthésistes de l’AAL et les obstétriciens du SYNGOF) fait valoir que les professionnels qui facturent des dépassements abusifs sont « marginaux ».

À l’inverse, met-il en garde, les « compléments d’honoraires (...) sont le seul frein à la dégradation des soins » en permettant aux spécialités concernées d’utiliser les techniques de pointe et d’augmenter le niveau d’exigence de sécurité. Le syndicat plaide pour un système donnant/donnant : les praticiens s’engageraient sur un « tarif plafond », les complémentaires santé devant s’engager à rembourser un tarif plancher, le tout à négocier.

Égalité de traitement

Dans un communiqué publié mardi, la CSMF suggère trois pistes de négociation. Il convient d’abord d’agir sur les dépassements dits « excessifs ou abusifs », « en appliquant une égalité totale de traitement entre les médecins libéraux de ville et les médecins hospitaliers », insiste la CSMF. Ces dépassements seraient frappés par « des sanctions conventionnelles proportionnelles à la gravité et à la fréquence de l’application des dépassements abusifs ». La CSMF souligne elle aussi que les abus concernent très peu de praticiens, mais qu’il convient de donner le « signal fort d’une volonté de moralisation de la profession (...) ».

La CSMF se dit prête ensuite à négocier sous conditions un contrat d’accès aux soins avec dépassements modérés. Dans le cadre de contrat, l’assurance-maladie devrait mettre la main à la proche en augmentant sa base de remboursement des tarifs opposables (afin qu’elle soit identique entre les actes facturés en secteur 1 et en secteur 2). Les praticiens de leur côté devraient maîtriser leurs compléments d’honoraires « dans le cadre d’une approche individuelle plutôt que collective ». La CSMF demande que les complémentaires santé soient appelées à rembourser tout ou partie du reste à charge.

Enfin (troisième axe), la CSMF estime que le dispositif à construire doit rapprocher les secteurs 1 et 2. Pour y parvenir, « un investissement significatif sur la valeur des actes en tarif opposable de secteur 1 est incontournable », qu’il s’agisse aussi bien des actes cliniques que techniques.

Il y a quelques jours, l’UMESPE (branche spécialiste de la CSMF) avait fait sensation en proposant de traiter à part les quelque 300 médecins « vedettes » (150 libéraux, 150 hospitaliers, selon le syndicat) qui pratiquent des dépassements hors normes (8 à 11 fois le tarif opposable). Ces praticiens se verrait proposer deux choix, avant le 31 décembre : soit quitter le secteur II et poursuivre en secteur III (hors du remboursement de la solidarité nationale); soit revenir à dans les normes du tact et mesure.

Faux problème

Quant à la branche spécialiste de la FMF (Union Spécialiste), elle prévient que le débat du secteur II est un « faux problème » visant à masquer la réalité. « Si les tarifs secteur I étaient au juste prix, tonne le syndicat, le problème du reste à charge pour les patients ne se poserait pas. Avant de parler d’abus, il faudrait parler du coût réel de la pratique ». La FMF US suggère un secteur unifié avec dépassements jusqu’à 400 % du tarif conventionnel.

› CYRILLE DUPUIS

 
Les Commentaires | 9 commentaires
 
Le 06/09/2012 à 17h57
Profession : Médecin
« Un professeur à la tête d'un service hospitalier fait prévenir par sa secrétaire que si un RV est pris dans le secteur public auprès de lui, il est probable que ce ne sera pas lui qui assumera la consultation mais un de ses élèves. En privé avec des honoraires confortables, il assumera lui-même la consultation (il s'agit d'une maladie rare chez un enfant). Il me semble que la seule solution serait de retirer le secteur privé aux médecins hospitaliers qui n'assument pas leur devoir. Médecin oph. en retraite. »
Le 06/09/2012 à 09h30
Profession : Médecin
« Ce n'est pas parce que l'État est fauché, que les honoraires médicaux doivent stagner : même principe que le SMIG pour les médecins conventionnés secteur 1. Régularisation automatique du CS selon inflation et augmentation des charges. Marre d'être toujours plumés et entubés. »
Le 05/09/2012 à 22h12
Profession : Médecin
« Attention à la dégradation du niveau des soins : la plupart des praticiens en secteur 2 sont ceux qui ont pratiqué quelques années de plus à l'hôpital avant leur installation (ancien chef de clinique ou PH), ce sont des mèdecins souvent plus expérimentés. Si on supprime cet avantage qu'ils ont acquis par leur travail pensez vous que nos futurs praticiens passeront plus de temps qu'il ne faut pour se former ? Certainement non. Attention à la désertification des hôpitaux et des pertes de compétences pour l'hôpital. » PROFESSION: médecin secteur 2
Le 05/09/2012 à 07h59
Profession : Médecin
« Le fond du problème est effectivement le niveau ridiculement bas des actes médicaux (consultation et acte technique). Commençons par le remettre à un niveau décent pour que l'on arrête de me répéter tous les jours que ma consultation à 28 euros est moins chère que la coupe chez le coiffeur. »
Le 04/09/2012 à 22h48
Profession : Médecin
« On parle de plus en plus de déconventionnement. La menace a son importance. La ministre aurait-elle mis le feu à la poudrière ? »
Le 04/09/2012 à 22h18
Profession : Médecin
« Bien entendu que le fond du problème reste le niveau grotesque des tarifs conventionnels. Tout début de négociation doit passer par leur revalorisation en prenant en compte l'inflation depuis 25 ans, soit environ un facteur multiplicateur de 4,4. Le reste n'est que littérature. Les syndicats médicaux feraient bien, une fois n'est pas coutume, de s'assoir sur le pactole qui leur sera versé s'il signe la convention. Pour ma part j'espère qu'une majorité de praticiens se déconventionnera si les honoraires CPAM ne sont pas revalorisés (*). »
Le 04/09/2012 à 21h48
Profession : Médecin
« Cacophonie totale ! La C.P.A.M doit se frotter les mains... »
Le 04/09/2012 à 21h04
Profession : Médecin
« Avant de parler de dépassement d'honoraires, il faudrait parler du coût réel des praticiens du secteur II (Assurances, Carmf, RAM, Urssaf et cabinet )... »
Le 04/09/2012 à 20h44
Profession : Médecin
« Bravo à la fmf. Anesthésiste en maternité, secteur 1, cs 28 euros . Taux horaire des garagistes pour actes techniques :100 à 150 euros de l'heure. Donnez nous les mêmes taux horaires. Merci Me la ministre si vous en avez le courage. »

Publier un nouveau commentaire

Vous devez être inscrit pour commenter cet article et réagir à un commentaire.
 
 
Publicité
 
Publicité

Histoires courtes

objectifmedecin_pave_ep7.png


Publicité

Application du Quotidien du MÉdecin

Spécial médecin

i-Congrès médical
Les congrès médicaux à ne pas manquer ...
> Découvrir l’application

 

Enquête Flash

Faut-il rembourser les soins selon le niveau de revenu des patients ?

eFMC

InsulinothÉrapie
du diabÈte de type 2
Par le Pr Denis RACCAH

Dossier

Ces médecins ambassadeurs de la santé au travail

ARS : vos 26 « pilotes »

Les métiers du grand âge et du handicap

Hôpital Expo 2012

Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

L'heure de l'action

La loi et au-delà

L'Annuaire des DUDIU

 
carte-loisirs.png
Publicité
 
Publicité
Afin de vous garantir un service optimal, le Quotidien du Médecin collecte des données personnelles vous concernant. Ces données font l’objet d’un traitement informatisé déclaré auprès de la CNIL. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d'accès, de rectification et de suppression, pour motifs légitimes, sur ces informations. Sauf opposition préalable de votre part, ces données sont également utilisées afin de vous faire profiter des offres dédiées du Quotidien du Médecin et de ses Partenaires.