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Démographie : l’Ordre ouvre deux groupes de travail pour calmer les jeunes

 13/07/2012
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L’Ordre des médecins tente d’éteindre le feu qu’il a allumé fin mai. À l’issue de son séminaire national, le CNOM suggérait de contraindre les jeunes diplômés à exercer cinq ans dans la région de leurs études. Fin juin, il décidait un moratoire sur ses propositions jusqu’au 13 octobre.

Nouvelle marche arrière mercredi, lors d’une réunion de la commission jeunes : l’Ordre a annoncé la mise en place de deux groupes de travail portant sur la formation et sur l’exercice, appelés à se réunir cet été et à auditionner des experts sanitaires.

Pompier pyromane

« Les membres du CNOM, dont le Dr Legmann, son président, ont rappelé que l’émission de ces recommandations a été une erreur de communication majeure », affirment les associations d’étudiants (ANEMF), d’internes en médecine générale (ISNAR-IMG) et de jeunes généralistes (REAGJIR).

Les médecins en formation ont accepté de participer à ces groupes de travail à condition que les idées coercitives soient bannies de toute production future. Les structures jeunes souhaitent que les conclusions de ces groupes de travail apportent des « solutions concrètes et cohérentes », qui respectent la solidarité intergénérationnelle. Fin de l’épisode.

› CH.G.

 
Les Commentaires | 5 commentaires
 
Le 15/07/2012 à 14h02
Profession : Médecin
« Gagner une misère dans un trou ne tente personne ? Eh bien on va forcer les jeunes à y aller, pour les beaux yeux du pouvoir. Voilà en deux phrases la pensée sublime de l'Ordre, dont on se demande toujours, depuis Vichy, à quoi il peut bien servir. »
Le 14/07/2012 à 10h16
Profession : Dentiste
« Et les jeunes français formés en Belgique, Roumanie ou Espagne faute de place ou de fonds pour les former en France ! Devront-ils eux aussi exercer leur profession dans le pays de formation ? le 14/07/12 Profession Chirurgien dentiste »
Le 13/07/2012 à 21h42
Profession : Médecin
« Les aumônes tarifaires de la CPAM sont la seule cause de la nécessaire adaptation des honoraires: petite ville d'Irlande ; une maison médicale : 74 euro la consultation de généraliste , Suisse 110 euro minimum , Etats Unis 300 euro l’angine, plus les examens complémentaires non remboursés qui doublent la facture. La CPAM à qui ça ne coute rien "vole" au service des assureurs. Je vous laisse deviner pourquoi. Combien coûte la CPAM en gabegie ? L’Ordre s’est laissé instrumentaliser par la CPAM qui lui offre 151 cas de « dépassements » (sic) sur 260 000 médecins, soit moins de 0,0006 cas dont les « abus » restent à démontrer. Si un Zidane paye 130 à 150 euro sa consulte chez un de nos grands patrons, je doute qu’il en sorte appauvri. Ces honoraires « prohibitifs » sont reprochés à nos confrères. L’Ordre se fait le chantre des dépassements alors que nombre des conseillers et non des moindres sont, ou furent en secteur deux ou en DP. L’Ordre national a choisi d’obéir au pouvoir et de se faire l’allié d’une cabale politique : la bête à discréditer est le médecin. Calcul stupide : plus les médecins seront discrédités et dévalorisés, plus les patients seront boulimiques de consultations. Ils voudront récupérer sur la quantité puisque de notoriété politique et CPAMiste ces actes ne valent rien. Et moins il y aura d’étudiants assez maso pour faire médecine. »
Le 13/07/2012 à 21h39
Profession : Médecin
« S’il ne s’agissait que d’une erreur de communication ! Le plus terrible est l’état confusionnel, décalé du CNOM, son entêtement à nier ses erreurs de jugement : ses recommandations indécentes sont hors du champ de ses missions qui se limitent à veiller à la déontologie et aux compétences. Ce n’est pas à lui de décider de ce qui doit être dans la poche des médecins. Le régional est là pour statuer sur les abus éventuels, sauf que les patients eux ne portent pas plainte. Il n’a pas à décider d’envoyer nos jeunes confrères faire leur classe aux fronts désertiques - rien moins que 5 ans de service médical obligatoire ! Le temps des vieux généraux aigris et bien au chaud, ou de l’envieux Chronos, grand bâfreur de propres enfants, n’est pas révolu. »
Le 13/07/2012 à 19h34
Profession : Médecin
« Seulement 9% des étudiants veulent s’installer en libéral. Comment les attirer avec la disparition des établissements de proximité et des services ? " La coopération hospitalière et rendre l’hôpital responsable des gardes avec un service à sa porte sont une mauvaise réponse ". " Personne ne veut des groupements de coopération hospitalière de moyens" Les maisons médicales : Les communes sous médicalisées devront les financer si elles veulent attirer les jeunes médecins.Le budget pourrait être facilement trouvé si l’on simplifiait le fonctionnement et l’organisation des territoires. Des délégations de missions de service public à la médecine de ville pourraient compléter le dispositif du PDS (permanence des soins) plutôt que de les stigmatiser. C’étaient des missions « naturelles » dans les années 90. Les contraintes législatives ont entraîné leur abandon progressif. Une rémunération correcte des actes pourraient inverser ce courant, ce qui permettrait d’assurer les urgences en dehors de l’hôpital. Le raccourcissement de l'Internat en médecine générale précédé d'un super externat de 2 ans en 5é année resoudrait en 2 ans ce problème. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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