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Atlas de la démographie : effectifs stables, féminisation, salariat... et « déplaquage »

 18/10/2012
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Au 1er janvier 2012, l’effectif total des praticiens inscrits au tableau de l’Ordre des médecins était de 268 072, dont 216 142 actifs et 51 930 retraités.

Ces chiffres, issus de la dernière édition de l’Atlas de la démographie médicale, réalisé par le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), traduisent une stagnation des effectifs médicaux en exercice en France. En effet, si au 1er janvier 2011 l’effectif total des médecins inscrits au tableau était de 264 466, il se décomposait en 216 145 actifs et 48 321 retraités.

L’Ordre souligne un fait nouveau dans ces statistiques qui traduit une forme de timide rééquilibrage. En effet, les régions traditionnellement attractives, comme l’Ile-de-France ou les régions situées à proximité de la Méditerranée sont moins plébiscitées qu’auparavant et perdent des effectifs. A l’inverse, des régions comme la Bretagne, les Pays de la Loire ou la Basse-Normandie connaissent une augmentation, certes modérée, de leur population médicale. Pour le Dr Michel Legmann, président du CNOM, « à ce rythme, certains arrondissements de Paris pourraient faire partie à terme de la liste des déserts médicaux ».

La relève prend son temps

L’Ordre des médecins affiche une relative confiance pour les années à venir.

Premier motif de satisfaction, l’installation en secteur libéral. « Si le choix de l’exercice libéral apparaît toujours limité (moins de 10 %) lors de l’inscription au tableau de l’Ordre,la comparaison entre 2007 et 2012 permet d’être optimiste, estime le Dr Patrick Romestaing, président de la section santé publique et démographie médicale du CNOM. Cinq ans plus tard, 34,5 % des inscrits exercent en secteur libéral ».

Le message est clair : contrairement à certains discours, les médecins s’installent donc encore en médecine libérale, mais à leur rythme. La situation est comparable pour les remplaçants. Quatre ans en moyenne après avoir choisi ce mode d’exercice, près d’un sur deux s’installe effectivement, en privilégiant un exercice regroupé. À noter que 90 % d’entre eux s’installent dans la région où ils ont exercé comme remplaçants.

Plus généralement, l’institution constate que les médecins s’installent « très majoritairement » dans leur région de formation. L’Ordre national, qui envisageait au mois de mai dernier de contraindre les jeunes médecins à exercer pendant cinq ans dans la région de leurs études, trouvera peut-être là une bonne raison d’avoir renoncé à la coercition (« le Quotidien » du 17 octobre).

42 % de femmes, âge moyen de 51,5 ans.

La féminisation de la profession médicale se poursuit à grands pas. La part des femmes est passée de 38 % des effectifs totaux en 2007 à 42 % en 2012. Parallèlement, l’âge moyen des médecins continue de croître. Il est de 52 ans, en moyenne pour les généralistes et de 51 ans pour les spécialistes, avec une moyenne de 51,5 ans (51,4 en 2011). Le Dr Michel Legmann précise surtout que « les médecins âgés de plus de 60 ans représentent 23,5 % du nombre total de médecins, alors que les moins de 35 ans ne sont que 6 %. La relève n’est donc pas encore assurée ».

Les modes d’exercice continuent d’évoluer. Parmi les 92 477 médecins généralistes en activité régulière inscrits au tableau au 1er janvier 2012, 59,7 % exercent en secteur libéral exclusif, soit une diminution de 5,5 % en cinq ans. Pour la même période, le mode d’exercice salarié enregistre une hausse de 2,6 % de ses effectifs, à 34,2 % des inscrits.

Dans son Atlas, l’Ordre a réalisé un focus sur les médecins qui dévissent leur plaque avant l’âge de la retraite. 927 praticiens, âgés en moyenne de 49 ans, l’ont fait en 2011, dont 62 % de généralistes. Pour le Dr Michel Legmann, les principaux motifs de décrochage sont « les charges financières, les tâches administratives, le temps de travail quotidien et le manque de reconnaissance ». Sur ces 927 praticiens, 62,7 % ont pris une activité salariée, et 35,9 % sont devenus remplaçants.

› H.S.R.

 
Les Commentaires | 6 commentaires
 
Le 19/10/2012 à 08h37
Profession : Médecin
« La majorité d'entre nous ne regrette sans doute pas le choix d'avoir voulu devenir médecin ? Le pire, c'est que ceux, parmi le jeunes, qui seraient encore motivés (peut-on encore parler de vocation ??), sont cassés par une sélection absurde.... »
Le 19/10/2012 à 06h15
Profession : Médecin
« Médecin de père en fils depuis 1837 la dynastie s'arrêtera avec moi mes enfants ayant préféré une autre orientation comportant des études plus sélectives intellectuellement mais moins dévalorisées au final !! »
Le 19/10/2012 à 04h33
« Moi je ne regrette rien : à 55 ans, peu de risques d'être au chômage, contrairement à tous mes amis cadres moyens ou sup et qui ont une pression bien supérieure à la nôtre sur les épaules. Nous pouvons faire un métier super et longtemps, question d'organisation. »
Le 18/10/2012 à 21h51
Profession : Médecin
« En tous cas, mon fils ne fera pas partie de la relève, foi de médecin ! »
Le 18/10/2012 à 21h47
Profession : Médecin
« mmh, j'hésitais à m'installer, merci de m'avoir décidée à rester remplaçante ad vitam aeternam ! »
Le 18/10/2012 à 19h09
« Tout a été fait pour nous décourager, c'est fait! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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