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Deux plateaux-repas valent mieux qu'un

 10/08/2012
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Résident en Guadeloupe je voyage fréquemment sur les vols commerciaux réguliers Air France, et il m'est arrivé à plusieurs reprises d'intervenir. J'ai fait "détourner" une fois un vol pour une luxation instable de l'épaule avec diminution de la motricité, paresthésies et diminution des pouls distaux, mais la plupart du temps, j'ai pu assurer des soins courants jusqu'à l'arrivée, malaises dus au stress ou à la chaleur, décompensation diabète, crises d'angoisse.

Le souvenir le plus pittoresque ? J'étais sur un vol Pointe-à-Pitre/Paris quand un médecin est demandé par le personnel de bord : il s'agissait d'une dame de 66 ans pléthorique, hypertendue, dont c'était le deuxième voyage en avion (le premier 15 jours avant pour venir en Guadeloupe pour un voyage organisé) elle venait de faire un malaise du à la chaleur de l'aéroport, à l'angoisse du vol.

En fait, je n'avais pas fait grand-chose. Une fois la patiente en position horizontale avec un propos rassurant et un... verre d'eau – tous ses paramètres étant pratiquement normaux – tout était rentré dans l'ordre.

Mais pendant que je m'occupais d'elle j'ai demandé si elle voyageait seule. « Non, mon mari est avec moi. » « Et il est où votre mari ? » « Il est là. »

Je me retourne et à deux sièges de nous (j’avais fait étendre la dame sur une couverture entre deux rangées de sièges), je vois un brave homme d'environ 70 ans, pas très mince (...) rougeaud et en train de s'avaler les deux plateaux repas ! Le sien et celui de son épouse qu'il « aurait été dommage de laisser perdre ». Pas très inquiet l'époux !

Confrères, assurez vous !

Je rappelle à cette occasion aux confrères à la retraite – c'est mon cas – qu'il est nécessaire d'être toujours inscrit à l'Ordre et d’avoir une assurance professionnelle (les tarifs retraite sont très bas) car si on intervient et qu'il y a un pépin, on risque gros (en plus du patient) et si on n'intervient pas, il y a "non assistance à personne en danger".

Lorsque vous êtes sollicités à bord c'est le Commandant de Bord qui vient vérifier votre Carte de l’Ordre à jour et qui, après avoir relevé votre identité, déplombe une boite médicale très complète (il en existe une autre moins complète à destination du personnel de bord).
Vous repartez souvent avec une bouteille de champagne ! Et quelques miles sur votre carte de fidélité si vous en avez une… Les équipages sont très coopérants, bien formés et sympathiques.

> Dr Paul CHEVAUCHEE

 
Les Commentaires | 6 commentaires
 
Le 11/08/2012 à 20h03
Profession : Médecin
« Assurance professionnelle inutile. J'ai écrit un article très complet sur le sujet: http://www.astrium.com/Medecin-passager-en-avion.html » Dr Alain Fisch
Le 10/08/2012 à 21h12
Profession : Médecin
« Je ne savais pas qu'il fallait emporter sa carte professionnelle quand on voyage ?! »
Le 10/08/2012 à 16h32
Profession : Médecin
« La législation à bord des vols internationaux est très complexe, et dépend à la fois des pays de départ et de destination, et de la position de l'avion lors de l'appel. Ainsi, si, dermatologue, vous prodiguez un massage cardiaque à un patient en ACC au dessus des USA, et que vous cassez une côte, l'avocat du patient pourra, même si le patient est sauvé, vous le reprocher car vous n'avez pas les compétences requises (au vu de la loi américaine)... » Ô tempora, Ô mores !
Le 10/08/2012 à 15h18
Profession : Médecin
« N'y a -t-il pas un gros fantasme avec ces soit disant prises de risques medico judiciaire en plein ciel lors d'un appel en urgence? Qui peut nous citer combien de procès, avec condamnation" injuste" ont eu lieu ces 25 dernières années impliquant des médecins, français ou étrangers ? Quand au statut de l'intervenant, on peut imaginer que soit le confrère retraité est bien encore inscrit à l'ordre, et assuré, et dans ce cas tout va bien coté medico-judiciaire, soit il est inscrit a l'ordre et non assuré, et dans ce cas on peut se demander pourquoi il reste inscrit à l'Ordre, soit il n'est pas inscrit à l'ordre et c'est vraisemblablement le cas le plus simple: sa responsabilité professionnelle ne saurait etre engagée, il est redevenu simple citoyen aidant son prochain; l'ex confrere se presente alors au commandant de bord comme ancien medecin non inscrit à l'ordre, proposant une presomption de compétence, et c'est au commandant d'accepter ou refuser cette offre. Je suggere cependant de repondre au appels en cabine, meme si on n'est plus inscrit à l'ordre. Enfin, l'inscription ( ou pas ) à l'ordre n'aurait de poids que s'il existe des conventions de reconnaissance de diplomes avac la nationalité de la compagnie aerienne, tout ca melangé dans l'inextricable droit aerien fort complexe... Tout cela pour dire: si on appelle un medecin en cabine, au nom du simple bon sens, répondez toujours présent, vous ne risquez pas grand chose... »
Le 10/08/2012 à 10h07
« Je ne serais pas aussi affirmative sur les remerciements reçus en retour. Lors d'un voyage dans une île méditerranéenne, j'ai eu ainsi l'occasion de répondre à l'appel de l'hotesse ; un monsieur qui avait fait un léger malaise pas méchant, sans doute lié au stress, à la fatigue et à la chaleur. On approchait de notre destination et l'hotesse, pas rassurée, me demande de changer de place pour rester à côté de mon patient le temps de l'atterrissage. Ce que je fais bien volontiers, tout en maintenant le contact avec la "victime" pour qu'elle ne tourne pas de l'oeil à nouveau. A l'arrivée, j'espérais au moins bénéficier d'une priorité pour sortir mon malade à l'air frais (l'arrivée se faisait sur le tarmak) ; mais non! Nous avons fait la queue comme tout le monde, traversé l'aéroport sous un soleil de plomb à pied comme tout le monde, le personnel de bord restant... à bord! J'avoue avoir été soulagée lorsque la personne est montée dans le car qui l'attendait à la sortie. Il fut le seul à me remercier d'ailleurs! Du personnel de bord... pas un mot sauf "au revoir"! »
Le 10/08/2012 à 08h45
Profession : Médecin
« Bien entendu, il est nécessaire d'être toujours inscrit à l'Ordre et d’avoir une assurance professionnelle quand on est retraité. Cependant, si vous avez 72 ans, les assureurs ne vous assurent plus si vous reprenez une activité interrompue. »

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