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Syndicats de médecins : pourquoi ils ont (ou pas) signé l’accord conventionnel

 27/10/2012
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CSMF, SML et MG France. Ces trois syndicats étaient à la CNAM aux côtés de l'UNOCAM jeudi soir pour signer l’avenant n°8 à la convention médicale. Ce n’était pas le cas du BLOC et de la FMF, opposés à ce texte. Retour sur les motivations des uns et des autres.

CSMF : les 7 exigences sont réunies

Le syndicat présidé par le Dr Michel Chassang fait partie des signataires. Les 7 exigences qui conditionnaient son accord ont été satisfaites par le texte approuvé jeudi soir. La CSMF les rappelaient dans un communiqué publié dès le 20 octobre :

1/ que le montant de l’investissement sur les actes opposables soit à la hauteur des attentes des médecins libéraux.
2/ que la revalorisation du secteur I ait un impact véritable.
3/ qu’une perspective soit donnée aux médecins de secteur I et en priorité aux anciens chefs de clinique bloqués en secteur I en les rendant éligibles au contrat d’accès aux soins.
4/ que les complémentaires santé s’engagent pour de bon avec une enveloppe significative.
5/ que soit supprimé le quota de 50 % de médecins de secteur II adhérant au contrat d’accès aux soins pour que celui-ci puisse entrer en vigueur.
6/ que la procédure de suivi des pratiques abusives s’applique de façon équitable à tous.
7/ que l’extension de l’opposabilité en secteur II soit limitée, pour des raisons pratiques et de bon sens, aux seuls bénéficiaires effectifs de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire (ACS).

Le 23 octobre, après la réunion marathon à la CNAM conclue par la signature d’un relevé de conclusions, Michel Chassang voyait dans cet accord un « fait historique ». C’est ce qu’il disait au micro de France Info.

SML : pas de plafonnement strict des dépassements

Mandaté par le conseil d’administration du syndicat, le Dr Christian Jeambrun était lui aussi à la CNAM jeudi soir pour la signature de l’avenant. Le SML avait posé quatre conditions à la signature d’un accord, toutes satisfaites. Un point posait problème : l’affichage d’un plafonnement chiffré des honoraires du secteur II. Si ce seuil est bien mentionné dans le préambule de l’accord (150% du tarif opposable), il n’est plus qu’un repère parmi d’autres critères. Le SML a par ailleurs obtenu le plan de revalorisation du secteur I qu’il réclamait.

MG France : oui, mais non… mais oui

Le syndicat avait laissé planer le doute sur son engagement à signer l’avenant n°8. Après les négociations marathon, le Dr Claude Leicher, président de MG France tenait pourtant des propos positifs au micro de France Info...

... mais demandait 24 à 48 heures de réflexion afin de consulter ses instances. Finalement, le syndicat annonce son ralliement dans l’après-midi de jeudi. « La nouvelle négociation demandée par la ministre de la Santé, a permis à MG France d’obtenir des moyens pour reconnaître le travail fait et non rémunéré des Généralistes, en dehors de la présence de leurs patients : coordination, synthèse, organisation du parcours de santé » explique le syndicat dans un communiqué.

Mais il ne compte pas s’arrêter là : « La conclusion de cet avenant ne clôt pas la nécessaire lutte des médecins généralistes pour l'amélioration de leurs conditions de travail et de l'accès aux soins. Cette première étape devra être amplifiée dans la négociation sur l'organisation des soins primaires qui va s'ouvrir. » Une manière de calmer les membres mécontents du syndicat.

FMF : « roulé dans la farine »

Le syndicat présidé par le Dr Jean-Paul Hamon n’a pas signé l’accord conventionnel. La Fédération des médecins de France laissait entendre son scepticisme sur le projet d’avenant avant même l’ultime réunion de lundi. Selon elle, ce texte ne répondait pas à ses exigences concernant la revalorisation des honoraires opposables du secteur I, pas plus qu’il ne remplissait les conditions « pour attirer les médecins à honoraires libres du secteur II vers le contrat d’accès aux soins. »

Dernier point : l’avenant n°8 n’était « pas de nature à favoriser l’installation en libéral des jeunes médecins. »
Le Dr Jean-Paul Hamon signait pourtant le relevé de conclusions soumis aux syndicats le mardi 24 octobre. Dès le lendemain (après une bonne nuit de sommeil ?), il dénonçait les conditions de la négociation et affirmait haut et fort que la FMF ne signerait pas l’avenant. Il a tenu parole. Le syndicat pourrait cependant revenir sur cette décision le 2 décembre lors d'un vote en assemblée générale.

UCDF et LE BLOC : appel à la mobilisation générale

Le conseil d’administration du syndicat de chirurgiens a rejeté à l’unanimité le projet d’avenant n°8. Dans un communiqué, l’UCDF reconnaît pourtant que le contrat d’accès aux soins « était une proposition intéressante ». Mais il estime que la participation de l’UNOCAM à la prise en charge des compléments d’honoraires est trop floue et que la baisse du « reste à charge » sera reportée principalement sur les praticiens.

Le syndicat estime surtout que l’accord ne prend pas en compte le « retard considérable du tarif opposable des actes de chirurgie et d'anesthésie », cause essentielle selon lui au développement des compléments d’honoraires. Il estime que l’avenant n°8 conduira à une revalorisation de ces actes « de 8% sur 3 ans pour la chirurgie et de 0% sur 3 ans pour l’anesthésie. » Insuffisant pour l'UCDF et LE BLOC qui appellent à la mobilisation générale dès le 12 novembre.

> S.L.

 
Les Commentaires | 4 commentaires
 
Le 28/10/2012 à 10h29
Profession : Médecin
« Messieurs les Responsables du Syndicat SML,qui avaient toujours clamé haut et fort votre défense du secteur 2, vous m'avez trahi... Permettez-moi, à mon tour, de vous trahir définitivement. » Profession: Médecin secteur 2 Retraité-Actif.
Le 27/10/2012 à 19h29
Profession : Médecin
« Le CSMF, le SML et MG france sont maintenant minoritaires. La majorité des médecins qui ont été trahis seront dans la rue dès le 12 novembre pour une durée illimitée. Les médecins secteur 1 en ont marre d'être pris pour des pigeons. »
Le 27/10/2012 à 19h02
Profession : Médecin
« Ils ont été roulés dans la farine car il n'y a pas d'argent pour une réelle revalorisation du secteur I. De plus certaines mutuelles comme la MGEN par dogme ou pour garder leurs recettes(37M par an) ne veulent pas solvabiliser les DP des spécialistes. ENFIN DES AMENDEMENTS CONTRAIGNANTS VONT SUIVRE Les Internes au nombre de 18 000 inquiets par ces menaces vont se mettre en grève et paralyser l'hôpital. » B.KRON(PARIS)
Le 27/10/2012 à 18h53
Profession : Médecin
« C'est faux, la CSMF avait demandé que les revalorisations "ne soient pas diluées dans le temps", or c'est ce qui se passe, et ils ont signé quand même... »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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