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Et vos patients, qu’ont-ils compris ?

 27/10/2012
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Dès le lendemain de la signature du protocole d’accord par les partenaires conventionnels, « le Parisien » (édition du 24 octobre) consacrait sa « Une » – puis deux pleines pages – à l’événement.

Le titre choisi par nos confrères ? « Médecins : va-t-on payer plus cher ? » – en guise de réponse, c’est le député (UMP) Yves Bur qui s’y collait pour faire valoir, dans un mixte de l’avenant n°8 et du PLFSS en première lecture à l’Assemblée, que d’une manière ou d’une autre, il allait bien falloir « que quelqu’un paie la facture ».
 
L’explication de texte délivrée par la suite dans les médias « grand public » s’est volontiers limitée, ainsi qu’entendu jeudi sur i-télé (voir notre zap santé), à l’idée suivante : « Désormais, une consultation chez un spécialiste ne devrait pas dépasser 70 euros. » Rares sont ceux qui se sont risqués à un démontage pédagogique de l’usine à gaz.
 
Finalement, via leurs associations, ce sont les usagers eux-mêmes qui se sont lancés dans le décryptage. Avec fracas.
Très en verve sur le sujet, le CISS a dégainé dès jeudi dans « Libération » qui a publié une interview de son directeur, Marc Morel. Dans ce texte, évoquant un accord « complètement illisible » qui « ne régule rien », Marc Morel accusait même les partenaires conventionnels d’avoir négocié « dans le dos des usagers ». Le repère de 150 % pour les dépassements ? « Un faux plafond », s’indignait-il aussi.
 
Le message s’est musclé encore le lendemain avec la publication par le même CISS allié pour la circonstance aux accidentés de la vie de la FNATH et aux associations familiales de l’UNAF, des résultats d’un sondage sur les dépassements.
Réalisée les 22 et 23 octobre par Vivavoice, alors que les termes de l’accord n’étaient pas encore connus, cette enquête laisse penser a posteriori que les négociateurs ont tout faux du point de vue des patients : les Français y jugent par exemple que c’est à partir de 50 % (au lieu de 150 % dans l’accord) au-dessus du tarif de la Sécurité social qu’un dépassement est abusif ; ils s’y montrent favorables à la disparition du secteur II...

K. P.

 
Les Commentaires | 6 commentaires
 
Le 08/12/2012 à 09h03
Profession : Médecin
« M. le 1er médecin n'a rien compris. Si la médecine n'est pas un commerce, ce qui l'entoure n'est que commerce : assurances, matériel, abonnements, etc.... et il faut financer alors ou chercher l'argent ? et en plus il faut vivre décemment après 14 ans ou plus d'études aussi bien que ceux qui ont BEPC + 1 ou 2 »
Le 29/10/2012 à 11h04
Profession : Médecin
« Le problème c'est que la médecine n'est pas un commerce!!!!!! Les médecins de secteur 2 ne l'ont toujours pas compris.... Toute comparaison avec ces commerces marginaux et qu'on n'utilise pas tous les jours est odieusement antidéontologique. Signé : Médecin. »
Le 28/10/2012 à 01h50
Profession : Médecin
« On trouvera toujours des individus qui pensent que demander de l'argent après un acte médical, c'est profiter de leur maladie pour s'enrichir. Le gouvernement sous ses bonnes intentions (l'enfer en est pavé) a déchaîné une vindicte populaire violente contre les médecins de secteur 2 qui ont été copieusement insultés. C'est d'autant plus odieux que ceux-ci sont finalement vulnérables (juridiquement, fiscalement...). Quand on ne va pas bien (je parle de la France), ce n'est pas en tirant sur son médecin qu'on guérit ! »
Le 27/10/2012 à 21h23
Profession : Dentiste
« Cherchez l'erreur ! Piercing tétons 100 € septum 50 € nombril 75€ plus le bijoux 15/85 € tatouage 3x3cm 50 € 10x10cm 180 € taux horaire 100/130€ blanchiment bar à sourire à effet 1à 3 mois seulement 79€ les 20 min dermopigmentation sourcils 200 € NON REMBOURSABLE ! Prix SS extr° dentaire 34 € suites op.comprises détartrage 29€ soin carie complexe 41€ anesthésies ZERO €. Il est donc bcp plus onéreux de se faire faire un tatouage ou poser un ou des piercings que de se faire soigner des caries ou extraire les dents ou les nettoyer au prix évalué par la sécu (remboursés à 70%..). Et ce sont les défavorisés qui y ont le plus recours sans se plaindre ....en plus ils se gavent de clopes bières et autres cochonneries mais chez le dentiste c'est CHER . Bizarre non..... »
Le 27/10/2012 à 18h56
Profession : Médecin
« En fait la plupart des patients n'ont rien compris. »
Le 27/10/2012 à 18h50
Profession : Médecin
« Ben voyons. Si on me demande si je veux payer moins cher mon plombier, mon garagiste ou mon coiffeur, je ne vais pas dire non !!! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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