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Dépassements : 600 internes devant la CNAM réservent un comité d’accueil aux négociateurs

 23/10/2012
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Quelque 600 internes et chefs de clinique ont manifesté ce lundi devant le siège parisien de l’assurance-maladie, en fin d’après-midi, avant que ne démarre l’ultime séance de négociation conventionnelle destinée à encadrer les dépassements d’honoraires.

Ce rassemblement était organisé à l’appel du syndicat des internes et des hôpitaux parisiens (SIHP) pour protester contre la « détérioration programmée de leurs futures conditions d’exercice ». Le SIHP a annoncé vendredi une grève illimitée des gardes et des astreintes et réclamé la conclusion d’un « pacte de génération » avec les pouvoirs publics pour garantir la liberté d’installation des jeunes médecins, « un revenu juste qui permette l’accès de tous à des soins de qualité » et revalorise le statut de l’interne.

« Ces 600 internes sont venus sur leur temps libre, ils se sont arrangés pour venir manifester et accueillir les négociateurs, a déclaré Julien Lenglet, président du SIHP. Ce mouvement cristallise un malaise global de la jeunesse de la profession ». Les manifestants confient leur inquiétude de voir les négociations en cours limiter à 150% du tarif Sécu les dépassements d’honoraires (hors de Paris). « Pour les praticiens parisiens, il est difficile de concilier les baux locatifs avec des tarifs plafonnés », explique Julien Lenglet.

Moins chers que le coiffeur

Guillaume, interne en pédiatrie à Trousseau, est persuadé que les médecins de secteur II multiplieront les actes si leurs dépassements sont encadrés. « Cette négociation ne va pas changer l’accès aux soins. Les problèmes d’accès aux soins se posent surtout dans le public, pas dans le privé ».

Les internes font tourner leur blouse blanche au-dessus de leur tête et chantent à tue-tête leurs slogans :

« La santé de demain, c’est avec les jeunes médecins » ou encore, « Marisol, t’es foutue, les internes sont dans la rue ».

Le dernier motif d’inquiétude en date concerne un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale déposé par une douzaine de députés socialistes. Ce texte prévoit de limiter la liberté d’installation des futurs médecins. Les nouveaux médecins seraient tenus de s’installer, pour une durée d’au moins deux ans, dans une zone sous-dense définie par l’agence régionale de santé (ARS). « C’est dégueulasse, tonne Julie, interne à l’hôpital européen Georges-Pompidou. On veut nous limiter l’installation et nous supprimer le secteur II. Aujourd’hui, les gens sont prêts à prêts à payer 30 euros une coupe chez leur coiffeur ou pour leur abonnement téléphonique et pas 28 euros pour leur médecin ! »

Les internes se sont lentement dispersés au moment où la nuit tombait. Mais ils semblent disposés à poursuivre leur mobilisation dans les semaines à venir. Nombre d’entre eux pourraient rejoindre la grève des praticiens de plateaux techniques, prévue le 12 novembre à l’initiative du syndicat Le BLOC.

CHRISTOPHE GATTUSO

 
Les Commentaires | 3 commentaires
 
Le 23/10/2012 à 13h33
Profession : Médecin
« Ils ont raison ! Un étudiant en médecine coûte annuellement moins cher qu'un lycéen. De plus, ils font tourner les hôpitaux pour un salaire de misère... Ils bossent la nuit pendant que les administratifs et les politiques grassement payés dorment... On ne va pas en plus leur imposer des conditions d'installation draconiennes et les obliger à un "service médical obligatoire" inepte et injuste. »
Le 23/10/2012 à 13h00
Profession : Médecin
« Cet amendement sur l'installation est inique et suicidaire. »
Le 23/10/2012 à 09h59
Profession : Médecin
? « Ils en ont déjà perdu 200 par rapport à la manifestation de la semaine dernière... Ça n'augure rien de bien génial quant à la suite des négociations... où la menace de légiférer est suspendue comme l'épée de... Damhollande... Bientôt les seringues usagées et les pansements souillés?... »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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