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Avenant n°8 : les conséquences pour les médecins

 27/10/2012
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L’accord signé jeudi entre trois syndicats et l’Assurance-maladie était voulue par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Objectif : améliorer l’accès aux soins des patients en limitant les dépassements d’honoraires. Mais l’impact de ces mesures concerne avant tout les médecins, en secteur I comme en secteur II. Décryptage.

Dépassements abusifs

L’avenant prévoit de sanctionner les dépassements excessifs qui excéderaient 150 % du tarif Sécu (soit 70 euros pour une consultation de spécialiste à 28 euros). Mais ce seuil n'est plus qu'un simple "repère" dans le texte final, parmi de multiples autres critères. Par ailleurs, ce plafond pourra être différencié « à titre dérogatoire », pour « certaines zones géographiques limitées ».

L’appréciation du caractère excessif de la pratique tarifaire s’effectuera au regard de différents critères :
- le taux de dépassement lui-même
- l’évolution annuelle de ce taux
- la fréquence des actes avec dépassements
- la variabilité des honoraires pratiqués ainsi que le dépassement moyen annuel par patient

D’autres paramètres seront pris en compte : la spécialité du praticien, son niveau d’expertise et de compétence et enfin le lieu d’implantation de son cabinet. La distinction géographique ouvre vraisemblablement une brèche pour les plus grandes villes de l’Hexagone, dont Paris.
Les sanctions

Les praticiens qui factureraient des dépassements abusifs seraient passibles de sanctions. Les médecins concernés seront avertis et disposeront d’un délai de deux mois pour corriger leurs pratiques. Si ce n’est pas le cas, les contrevenants s’exposeront à des sanctions :
- suspension de la prise en charge des avantages sociaux.
- suspension du droit permanent à dépassement.
- mise hors convention.


Les médecins disposeront de plusieurs recours durant la procédure.
Contrat d’accès aux soins

Objectif : améliorer l’accès aux soins par les patients
Durée : 3 ans. Les médecins peuvent résilier le contrat à la date anniversaire de la signature.
A qui s’adresse-t-il : aux praticiens de secteur II mais aussi, fait nouveau, aux anciens chefs de clinique bloqués en secteur I.
Les obligations : les médecins doivent limiter leur taux de dépassement à 100% des tarifs Sécu. Ils s’engagent à geler leur pratique tarifaire (tarifs pratiqués pour les principaux actes, part des actes en tarifs opposables, taux de dépassement). En pratique, le taux de dépassement devra diminuer en réalité au fur et à mesure de la hausse parallèle des tarifs opposables. Ce contrat élargit également le champ des tarifs opposables que le praticien s’engage à respecter pour les patients modestes (situations d’urgence, patients en CMU-C mais aussi les 876 000 personnes qui ont demandé une attestation pour bénéficier de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé).
Les avantages : un meilleur remboursement pour les patients, une prise en charge par la CNAM des cotisations sociales pour la part des actes réalisés aux tarifs opposables.
Revalorisations du secteur I

Hausse des tarifs de certains actes techniques : la réévaluation de la nomenclature technique (CCAM technique) s’étalera sur trois ans. Un plan d’économies de 200 millions d’euros sur trois ans sur l’imagerie médicale (radiologie, IRM, échographies non obstétricales…) doit permettre de financer les tarifs d’une douzaine d’autres spécialités. La convergence vers les tarifs cibles de la CCAM se réalisera en trois étapes au 1er juillet 2013, 1er mars 2014 et 1er janvier 2015, soit plusieurs mois avant les échéances prévues la semaine dernière. A noter que les médecins de secteur I et de secteur II adhérant au contrat d’accès aux soins pourront bénéficier de la majoration forfaits modulables (coefficient multiplicateur K) pour les actes d’accouchement.

Un forfait médecin traitant. Ce forfait médecin a vocation à être généralisé à tous les patients (hors ALD) pour rémunérer la prévention, le suivi et le volet médical de synthèse, compte tenu de l’engagement financier de l’UNOCAM. Ce suivi fera l’objet d’un forfait annuel spécifique (RMA) par patient de 5 euros, à compter du 1er juillet 2013. Autre nouveauté : l’ouverture de nouvelles négociations d’ici le 1er avril 2013 afin de « généraliser progressivement les forfaits et prévoir leur valorisation » selon un calendrier à définir.

Consultations lourdes et complexes. Mise en place d’une rémunération forfaitaire (MPA) de 5 euros par consultation versée directement aux médecins de secteur I et de secteur II adhérant au contrat pour la prise en charge des patients de plus de 85 ans à partir du 1er juillet 2013 et pour les patients de 80 ans à partir du 1er juillet 2014. Plusieurs consultations approfondies (longues et complexes) de parcours ont été définies, valorisées à hauteur de 2C. Elles feront l’objet de majorations à compter du 1er juillet 2013, pour le suivi des insuffisants cardiaques et les sorties d’hospitalisation.

Bonus pour les pédiatres. Une revalorisation de 5 euros des pédiatres des secteurs I et II contractants est programmée pour la prise en charge des nouveaux-nés grands prématurés (moins de 32 semaines) et des jeunes enfants atteints de maladie congénitale grave.

Les médecins ont obtenu que le délai de consultation « soit adapté » entre deux avis ponctuels de consultant (C2) et soit ramené de 6 à 4 mois. 

Télécharger le projet d'avenant n°8

Voir le calendrier d'application de l'avenant n°8

 

 
Les Commentaires | 6 commentaires
 
Le 21/12/2012 à 19h44
Profession : Médecin
« A tous les médecins qui se sont fait avoir par le CSMF, le SML et MG france, ils ne vous restent plus que l'UFML (ufml.fr) pour vous défendre. Arrêtez de cotiser pour ces 3 syndicats traitres. »
Le 28/10/2012 à 20h54
Profession : Médecin
« On croyait que c'était impossible et pourtant ils l'ont fait ! Cette fois, nos chers syndicats historiques ne se sont pas contentés de nous (les secteurs 1 coincés) oublier, ils sont arrivés à empirer notre situation. Nos patientes vont pouvoir maintenant consulter en secteur 2 avec le même remboursement que chez nous. C'est pitoyable. Ils sont prêts à signer n'importe quoi pour garder leur fond de commerce et leurs subventions. Voilà plus de 20 ans que le dialogue conventionnel se résume au problème du secteur 2, avec des syndicats qui font semblant de ne pas comprendre que les promesses de la sécu et des complémentaires n'engagent que ceux qui y croient. »
Le 28/10/2012 à 12h48
Profession : Médecin
« Le secteur II est mort, il suffit de savoir lire les avenants préparés par FVR, pour comprendre que la messe est dite. Cet accord qualifié d’historique par certains présidents de syndicat pose en réalité deux problèmes : celui d’une fausse revalorisation des actes, car, en réalité, FVR réussit à faire miroiter une revalorisation à venir, dans une enveloppe fermée, sans débourser un sou, en clivant la profession en deux, en introduisant le fruit de la discorde au sein de chacune des structures syndicales. Le deuxième problème est celui de la nature de l’intervention de Marisol Touraine auprès des négociateurs, alors qu’ils avaient tous quitté la salle des négos sur un constat d’échec. Les CR des conseils d’administration qui se sont tenus depuis sont assez éloquents. »
Le 27/10/2012 à 22h26
Profession : Médecin
« Le montant de 70 euros est repris benoitement par des journalistes (et des syndicalistes) qui ne vérifient rien. Pour mémoire, la CS pour un secteur 2 est cotée 23 euros (les modificateurs MTC et MCS ne s'appliquent que pour les patients en CMU. Le tarif maximal à 2,5 fois le tarif sécu sera donc 57,5 euros et non pas 70. Pour le C2, le tarif maximal sera 115 (46 x 2,5) euros. » Profession chirurgien
Le 27/10/2012 à 19h25
Profession : Médecin
« Les médecins secteur I se sont encore fait pigeonnés. La grève sera à la mesure du mécontentement. »
Le 27/10/2012 à 19h20
Profession : Médecin
« Nous voyons bien que nous ne parlons pas le même langage (journalistes, politiques et médecins) !! Le tableau porte le titre "Revalorisation des tarifs ...", et ceux-ci diminuent !! Les investissements lourds en radiologie (IRM, TDM, Rx interventionnelle) vont devenir très difficiles. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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