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Accord sur les dépassements : ce qui vous attend

 23/10/2012
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La trentième version du projet d’avenant à la convention a été la bonne. Voici ce que prévoit le texte finalisé jeudi à la CNAM par les partenaires conventionnels. Quatre syndicats (SML, LE BLOC, CSMF et FMF) ont signé un relevé de conclusions, préalable à leur signature. Le protocole d’accord doit être soumis à MG France (dont le président avait dû quitter la séance).

• Dépassements abusifs.

Le projet d’avenant prévoit de sanctionner les dépassements excessifs qui excéderaient 150 % du tarif Sécu (soit 70 euros pour une consultation de spécialiste à 28 euros). Mais ce seuil n'est plus qu'un simple "repère" dans le texte final, parmi de multiples autres critères. Par ailleurs, ce plafond pourra être différencié « à titre dérogatoire », pour « certaines zones géographiques limitées ».

L’appréciation du caractère excessif de la pratique tarifaire s’effectuera au regard de différents critères : le taux de dépassement lui-même, mais aussi son évolution annuelle, la fréquence des actes avec dépassements et la variabilité des honoraires pratiqués ainsi que le dépassement moyen annuel par patient mais aussi la spécialité du praticien, son niveau d’expertise et de compétence et enfin le lieu d’implantation de son cabinet. La distinction géographique ouvre vraisemblablement une brèche pour les plus grandes villes de l’Hexagone, dont Paris.

Les praticiens qui factureraient des dépassements abusifs seraient passibles de sanctions pouvant aller de la suspension de la participation des caisses à la prise en charge des avantages sociaux jusqu’à leur déconventionnement.

• Contrat d’accès aux soins.

Afin d’améliorer l’accès aux soins des patients, un contrat réversible et d’une durée de 3 ans sera proposé aux praticiens de secteur II mais aussi, fait nouveau, aux anciens chefs de clinique bloqués en secteur I.

Les médecins disposeront d’une première fenêtre de tir de six mois pour souscrire au contrat entre le 1er janvier et le 30 juin 2013 mais ils pourront rejoindre le contrat à l’issue de ce délai.

Ce contrat d’accès aux soins sera finalement réservé aux praticiens dont le taux de dépassement n’excédera pas 100 %.

Les médecins qui y souscriront s’engagent à geler leur pratique tarifaire (tarifs pratiqués pour les principaux actes, part des actes en tarifs opposables, taux de dépassement). En pratique, le taux de dépassement devra diminuer en réalité au fur et à mesure de la hausse parallèle des tarifs opposables.

Ce contrat élargit également le champ des tarifs opposables que le praticien s’engage à respecter pour les patients modestes (situations d’urgence, patients en CMU-C mais aussi les 876 000 personnes qui ont demandé une attestation pour bénéficier de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé).

Les autres patients dans le cadre du contrat seront mieux remboursés par l’assurance-maladie (alignement sur la base de remboursement de secteur I, plus favorable au patient).

La CNAM prendra en charge les cotisations sociales des médecins contractants pour la part des actes réalisés aux tarifs opposables. L’assurance-maladie souhaite que la « grande majorité des médecins » de secteur II éligibles adhèrent au contrat d’accès aux soins d’ici au 1er juillet 2013. A ce stade, un seuil d’un tiers d’adhésion (des 25 000 médecins de secteur II éligibles au contrat) a été fixé à la date du 1er juillet 2013 pour la mise en place du contrat et l’application des revalorisations de secteur I. Ce plancher n’est qu’indicatif puisque les partenaires peuvent convenir par avenant de l’aménager. Un observatoire sera créé pour veiller à la bonne mise en œuvre du contrat d’accès aux soins.

• Revalorisations du secteur I 

L’accord prévoit plusieurs mesures de revalorisation du secteur I.

- CCAM technique. La réévaluation de la nomenclature technique (CCAM technique) s’étalera sur trois ans. Un plan d’économies de 200 millions d’euros sur trois ans sur l’imagerie médicale (radiologie, IRM, échographies non obstétricales…) doit permettre de financer les tarifs d’une douzaine d’autres spécialités. La convergence vers les tarifs cibles de la CCAM se réalisera en trois étapes au 1er juillet 2013, 1er mars 2014 et 1er janvier 2015, soit plusieurs mois avant les échéances prévues la semaine dernière.

A noter que les médecins de secteur I et de secteur 2 adhérant au contrat d’accès aux soins pourront bénéficier de la majoration forfaits modulables (coefficient multiplicateur K) pour les actes d’accouchement.

- Forfait médecin traitant. La réévaluation de la nomenclature clinique (réforme des consultations) a été abordée sous un jour nouveau. A la demande de MG France, l’assurance-maladie a accepté in extremis le principe d’un forfait médecin traitant qui a vocation à être généralisé à tous les patients (hors ALD) pour rémunérer la prévention, le suivi et le volet médical de synthèse, compte tenu de l’engagement financier de l’UNOCAM. Ce suivi fera l’objet d’un forfait annuel spécifique (RMA) par patient de 5 euros, à compter du 1er juillet 2013. L’ultime projet de texte ne retient plus la limite d’âge des patients âgés de plus de 60 ans. Autre nouveauté : l’ouverture de nouvelles négociations d’ici le 1er avril 2013 afin de « généraliser progressivement les forfaits et prévoir leur valorisation » selon un calendrier à définir.

- Consultations lourdes et complexes. Ce n’est pas tout. L’accord met en place une rémunération forfaitaire (MPA) de 5 euros par consultation qui serait versée directement aux médecins de secteur I et de secteur II adhérant au contrat pour la prise en charge des patients de plus de 85 ans à partir du 1er juillet 2013 et pour les patients de 80 ans à partir du 1er juillet 2014.

Plusieurs consultations approfondies (longues et complexes) de parcours ont été définies, valorisées à hauteur de 2C. Elles feront l’objet de majorations à compter du 1er juillet 2013, pour le suivi des insuffisants cardiaques et les sorties d’hospitalisation.

Une revalorisation de 5 euros des pédiatres des secteur I et II contractant est programmée pour la prise en charge des nouveaux-nés grands prématurés (moins de 32 semaines) et des jeunes enfants atteints de maladie congénitale grave.

Les médecins ont obtenu que le délai de consultation « soit adapté » entre deux avis ponctuels de consultant (C2) et soit ramené de 6 à 4 mois.

› CH. G et C.D.

 
Les Commentaires | 26 commentaires
 
Le 24/10/2012 à 20h48
Profession : Médecin
« Les perdants ne sont pas les secteur II qui ont sauvés les meubles. Les perdants sont les secteur 1 bloqués à vie avec des tarifs de coiffeur. Je n'ai pas droit au secteur 2 car je n'ai pas fait de clinicat après mon internat. Donc un chef de clinique qui sort de l'hôpital est considéré comme plus expérimenté ( et donc rémunéré 250% de mon tarif de base pour une consultation) que moi qui ai 27 ans d'expérience professionnelle. C'est risible. Le seul combat confraternel était la revalorisation de tous les secteur 1 ou le secteur unique. Les syndicats se sont battus uniquement pour les secteur 2 et les 2,4 milliards d'euros qu'ils se partagent. C'est habituel depuis 20 ans et banal pour le SML et la CSMF dont il n'y avait rien à attendre. Honte à la FMF et à MG France pour leur signature. »
Le 24/10/2012 à 18h24
Profession : Médecin
« Paragraphe sur les "Dépassements abusifs": on croit rêver... Comment des Syndicats responsables ont-ils pu accepter de telles responsabilités: lestermes sont si flous et imprécis que les Caisses auront toujours le dernier mot pour sanctionner un Médecin qui ferait des "dépassements abusifs"!... Il paraît que ce n'est qu'un relevé de conclusions !.... Faut-il continuer de faire confiance aux Représentants syndicaux ou bien, comme la SNCF ou autre, faire confiance à la Rue ? - Médecin retraité actif en secteur 2. »
Le 24/10/2012 à 15h04
Profession : Médecin
« Et pourquoi pas 5 E de plus par an pour un médecin de plus de 67 ans à partir de juin 2013 puis à partir de 62 ans en juin 2014. On peut rêver? Ou pas ? »
Le 24/10/2012 à 13h38
Profession : Médecin
« Alors juste pour savoir comment on fait pour partir à l’étranger et est-ce vraiment intéressant ? Je suis psychiatre. Merci. »
Le 24/10/2012 à 13h18
Profession : Médecin
« Reconnaître la valeur d'1 CS de 28 E à 70 E, c'est implicitement reconnaître la valeur d'1 C de 23 E à 57,50 E et d'1 CNPSY de 43,70 E à 109,25 E. Je propose l'abolition des secteurs 1 et 2 et la possibilité pour les médecins de fixer leurs honoraires en dessous de ces valeurs plafond en fonction des ressources de leurs patients. On peut rêver? Ou pas? - Psychiatre secteur 1. »
Le 24/10/2012 à 13h00
Profession : Médecin
« Typique de ce gouvernement socialo de mes deux ! On avance d’un pas et on recule de deux de peur que les médecins ne fassent grève et descendent dans la rue rejoints par les internes ! Dans le concret, aucune réforme de fond pour éviter le gaspillage incroyable des CPAM à l’ombre desquelles les syndicats vont encore pouvoir rester bien au chaud à nos frais pendant quelques années ! Signé un médecin libéral BAC+ 13 qui part bientôt aux USA ! »
Le 24/10/2012 à 12h08
Profession : Médecin
« Pour le gentil donneur de leçon de 8 h 46 : En tout, je me suis tapé plus de 20 ans d'études après le bac en cumulé, CCA, DEA, DU ++, PH en CHU et des formations continues à gogo. Installation à 35 ans et avant à 3200 E par mois pour tout ce travail. Je bosse quasiment tout le temps pour augmenter la qualité de mes soins car c’est ce qui compte le plus à la fin. Gros investissements perso. D'autres travaillent bcp moins ou ont travaillé bcp moins. Ça se respecte. Ils font d’autres choses et prennent moins de risques ! Ce qui me met en colère, ce n'est pas de me faire plomber par les impôts mais de ne pas pouvoir facturer mon travail cumulé à sa juste valeur ! Alors les leçons de vie... »
Le 24/10/2012 à 08h46
Profession : Médecin
« Le plus grave dans toutes ces réactions désabusées est sans doute la perte de proximité de certains médecins avec la réalité matérielle de la vie de nos patients. »
Le 24/10/2012 à 07h53
Profession : Médecin
« L' exercice en libéral en France est moribond. Jeune anatomopathologiste quarantenaire je ne regrette en rien le choix initialement douloureux après mon clinicat d'avoir décidé d'exercer mon art dans un autre pays européen d'autant que la valeur d'une part de patientèle en France à l'époque était non négligeable et oscillait entre 250 et 300 000 euros!!! La tarification des actes en anatomie pathologique est complètement obsolète et n'intègre toujours pas correctement les progrès technologiques. D'une manière plus générale, les jeunes générations de médecins n'ont dorénavant plus aucun intérêt à choisir le mode d'exercice LIBERAL. »
Le 24/10/2012 à 07h44
Profession : Pharmacie
«  "Convention, piège à c ... " Les biologistes et les radiologues vont financer une hypothétique revalorisation des actes ? Les caisses seront toujours lourdement déficitaires pendant que leurs directeurs seront augmentés chaque année, rémunérés sur 14 mois et que les grands pontent perçoivent des rémunérations supérieures à 200 000 euros par an avec quelques menus avantages. - Biologiste médical. »
Le 24/10/2012 à 00h42
Profession : Médecin
« ... Je travaille sans secrétaire, et fais mon ménage moi-même... !! ;) Et aussi j'accorde à mes patients du temps, sans "taux de revoyure..." - Je suis bien C... je vous l'accorde - mais au bout de 10 ans d'installation libérale, j'ai malgré tout choisi un moindre revenu pour une meilleure qualité de vie au travail - Distributeur d'ordonnances à la chaîne, très peu pour moi ... pour personne, d'ailleurs, je pense ... voir le taux de suicides chez les médecins en Burn-out !! Pas étonnant que les jeunes fuient ce métier ... devenu si peu rémunérateur ! Sans compter les conséquences ensuite sur les retraites ... mais je m'égare. C'est une VOCATION n'est-il pas ? Ce doit être le credo de nos dirigeants, si prompts à continuer de nous prendre pour des vaches à lait... »
Le 23/10/2012 à 22h29
Profession : Médecin
« Bien content d'avoir quitté la France ! Merci aux syndicats et au gouvernement de faire en sorte que je ne regrette vraiment pas !! »
Le 23/10/2012 à 22h05
Profession : Médecin
« Le compromis syndicat-CNAM ressemble bien à ne usine à gaz ... La sécu est bien une vache dont le lait va bientôt tarir ... Demander encore plus de rémunération alors que le niveau économique du pays va à la dégringolade, ça va pas nous faire aimer par la population... Encore un texte de loi qui va allourdir les négociations conventionnelles à venir ... J' en arrive à la conclusion que quelques confrères suggèrent déjà : se déconventionner ... La sécu est une banque : si elle n'a que 100 euros à proposer dans l'année , et bien soit on fait avec , soit on adapte nos honoraires en fonctions des patients qui ont les moyens de nous honorer correctement . Je propose de créer un fond de sécurité alimentaire pour rembourser la baguette de pain de chaque citoyen ... et gare aux boulangers qui pratiqueront des tarifs "exorbitants" !!! »
Le 23/10/2012 à 21h54
Profession : Médecin
« On avait 9% des jeunes qui optaient pour l'exercice libéral... Avec cet avenant, on va approcher les 0%. Un maximum de médecins vont soit opter pour le secteur 3, soit dévisser leurs plaques. Et on nous explique que c'est pour lutter contre les déserts médicaux et pour l'accès aux soins pour tous !!! »
Le 23/10/2012 à 21h36
Profession : Médecin
« Secteur 1 encore pigeonné, comme d'hab. Avec des honoraires déshonorants. Dévissons nos plaques plutôt que de continuer à faire la manche à chaque consult... »
Le 23/10/2012 à 21h16
Profession : Médecin
« Un peu de décence mes "chers" confrères quand la population se serre la ceinture. Dans une société ce sont toujours les nantis qui crient les plus fort. La Sécu est votre vache à lait et prenez garde qu'elle ne se tarisse. »
Le 23/10/2012 à 20h21
Profession : Médecin
« C'est inadmissible ! Et pourquoi pas aussi travailler sans secretaire et faire aussi son menage soi-même. Messieurs les deputes veulent-ils prendre notre place ? »
Le 23/10/2012 à 20h19
Profession : Médecin
« Secteur 1 dindonné, pigeonné, comme d'hab : dévissons nos plaques ; il n'y a plus rien d'honorable à faire notre job : j'ai honte de demander 23 euros après une C... »
Le 23/10/2012 à 19h53
Profession : Médecin
« Faut pas oublier que les syndicats touchent une pactole en contrepartie de leurs signatures! »
Le 23/10/2012 à 19h53
Profession : Médecin
« Comme d'habitude, on se fait couilloner : les copains, arrêtez d'etre LACHES, déconventionnez-vous tous, c'est la seule solution, ou bien soyons tous salariés de l'Etat à un minimum de l"équivalent des livres de nos confrères anglais +vacances pâyées + AT+RTT+ vraies retraites. Je suis déjà déconventionnée. »
Le 23/10/2012 à 19h53
Profession : Médecin
« Encore une usine à gaz fomentée par des fonctionnaires dont on ferait bien l'économie des émoluments... »
Le 23/10/2012 à 19h35
Profession : Médecin
« Et encore les radiologues ??? Presque risible tellement c'est grotesque ! »
Le 23/10/2012 à 19h16
Profession : Médecin
« Et après cela, ne venez pas vous étonner de voir les jeunes ne pas vouloir s'installer en libéral (spé ou MG). »
Le 23/10/2012 à 19h09
Profession : Médecin
« Quand est-ce que les rémunérations des médecins seront les mêmes pour tous en Europe? 208000€/an en Allemagne, 240000/an aux Pays Bas!!! On fait l'Europe ou non? »
Le 23/10/2012 à 19h08
Profession : Médecin
« Ok ok. Merci messieurs les syndicats ! Globalement, les critères de dépassements abusifs sont plus que flous et peuvent devenir arbitraires ! Qui va nous défendre contre la caisse ensuite ?? En plus, le taux doit diminuer : on croit réver ! On est morts en fait. On tourne une grande page ! On va faire des actes alors pour compenser ? A moins que l’on ne compense pas et que l’on perde séchement en revenu. Normal ça ! On y gagne des clopinettes sur les charges. Bravo et merci ! Un specialiste en secteur 2 adhérant au SML… »
Le 23/10/2012 à 19h06
Profession : Médecin
« Comment a-t-on pu accepter ça?!!!!!!!!! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

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